‹ uvres des deux CorneilleChapitre 364 sur 433 · ACTE IV, SCflNK II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCflNK II

CLÉANDnE.

C'est forl bien eipliqucr le sous do mes piiorca. Mais, ma soeur, ces favouis sont un peu sia(julières * Uui donne le portrait prumel l'original.

MÉLISSE

C*st encore votre ordre, ou je m'y conaois mal.

Ne m'avei-\ous pas dit : • Prends souci de me plaire,

• Lt M)is ce que lu dois à qui te sauve un frère? ■

Puisque vous lui dovcz et la vie, ol l'honneur,

Pour vous en revanther dois-je moins que mon oœurî

El doutez-vous encore à quel point je vous aimo

Quand pour vous acquitter je me donne moi-moine?

CLÉANDnE.

Certes, pour m'obéir avec plus de clialeur, Vous donnez h mon ordre une étrange couleur, El prenez un grand soin de bien payer mes délies : •Non que mes volontés en soient mal satisfaites; Loin d'éteindre ce feu, je voudrois l'allumer, Qu'il eût de quoi vous plaire, et voulût vous aimer. Je liendrois à bonheur de l'avoir pour beau-frère; J'en cherche les moyens, j'y fais ce qu'on peut faire; Kl c'est à ce dessein qu'au S(ulir de prison Je viens de l'obliger à prendre ma maison. Afin (]iie l'entretien produise quelques llaumies Qui forment doucement l'union de vos âmes. Mais \ou9 savez trouver des chemins plus aisc's, Sans savoir s'il vous plaît, ni si vous lui plais«'z. Vous pensez l'engager en lui donnant ces gages, Et lui donnez sur vous de trop grands avantage».

Que sera-ce, ma sœur, si, quand nous le verrei. Vous n'y rencontrez pas ce que vous espérez, Si quoique aversion vous prend pour son visage, Si le votre le choque, ou qu'un autre l'engage, Et que de ce portrait, donné logi'romenl, 11 érige un trophée à quoique objet charmant?

VÉLISSE.

Sans l'avoir jamais vu je connois son courage : Qu'importe après cola quel en soit le \isage? Tout le r.ste m'en [dait; si le cœur en est haut, El si l'àine est parfaite, il n'a point de défaut. Ajoutez que vous-même après votre aveuture

526 LA SUITi: DU MENTEUR.

Ne m'en avez pas fait une laide peinture; Et, comme vous devez vous y coiinoîtro mieux, h m'en rapporte à vous, et choisis par vos yeux. N'en douiez nullement, je l'aiifierai, mon frère; Et si ces foibles traits n'ont point de quoi lui plairf S'il aime en autre lieu, n'en appréhendez rien; Puisqu'il est généreux, il en usera bien.

CLÉAMDRE.

Quoi qu'il en soit, ma sœur, soyez plus retenue Alors qu'à tous moments vous serez à sa vue Votre amour me ravit, je veux le couronner; Mais souffrez qu'il se donne avant que vous donner» Il sortira demain, n'en soyez point eu peine. Adieu ■ je vais une heure entretenir Climèae.

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