‹ uvres des deux CorneilleChapitre 368 sur 433 · ACTE IV, SCEM-: VI. SSI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCEM-: VI. SSI

MÉLISSE

fou» n'avei donc point c.\ (l'onnenjls à comballre?

DORANTK.

Un coup lie plal d'épée a loul fail écouler.

MKLlSSt:.

Je nïourois de frayeur, vous y voyanl aller.

DORANTE

Qu(« Pliilistf est heureux, qu'il doit aimer ta vie!

MILISSE.

Vous n'aver pas sujet de lui porter envie.

nOR^TKTE.

Vous lui parliez naguère eu termes assez doui.

MÉLISSE

Je pense d'aujourd'hui n'avoir parlé qu'à vous.

DOUA>TF..

Vous ne lui parliez pas avant tout ce vacarme? Vous ne lui disiez pas que son amour vous charme, Qu'aucuns feux à \os feux ne peuvent s'égaler?

sirussE.

Jai tenu ce discours, mais j'ai cru vous parler. N'èles-vous pas Dorante?

DORANTE

Oui, je le suis, madame, I^ malheureux lémoiu de votre peu de flamme. Ce qu'un moment fit naître un aiilie l'a détruit; El l'ouvrage d'un jour se perd en une nuit.

MI'XISSE.

L'erreur n'est pas un crime; et votre annihle idé*, néguanl sur mon esprit, ma si bien possédée, Que dans ce cher objet le sien s'est confondu, Et lorsqu'il m'a parlé je vous ai répondu; En sa place tout autre eût passé pour vous-même : Vous verrez par l.i suite à quel point je vous aime. Pardonnez cependant à mes esprits déçus; Daijiiez prendre |>our vous les vœux qu'il a rrçut; Ou si, manque d'amour, votre snu|)Çon persiste....

DOn.VME.

N'en parlons plus, d<- {;ràce. cl parlons de IMiilisle; Il vous sert, et la nuit me l'a trop découvert.

MiLissi:.

Dili'S (^uil m'importune, el uon pas qu'il me sert;

552 LA SUITE DU M i: NT EUR.

N'en craignez rien. Adieu ; j'ai peur qu'il ne reviennew

DOKANTK.

Où voulez-vous demain que je vous entrolionne? Je dois être élargi.

MrXISSE.

Je vous ferai savoir Dès demain chez Cléandre où vous me pourrez voir»

DORANTE

Et qui vous peut sitôt apprendre ces nouvelles?

MÉLISSE

Et ne savez-vous pas que l'amour a des ailes?

Vous avez habitude avec ce cavalier?

MÉLISSE

Non, je sais tout xïa d'un esprit familier. Soyez moins curieux, plus secret, plus iriodeste, Sans ombrage, et demain nous parlerons du restai

DORANTE, «eul.

Comme elle est ma maîtresse, elle m'a fait leçon, Et d'un soupçon je tombe en un autre soupçon. Lorsque je crains Cléandre, un ami me traverse : Mais nous avons bien fait de rompre le commerce. Je crois l'entendre.

Page 1