‹ uvres des deux CorneilleChapitre 47 sur 433 · C.HIMENE · texte numérisé non relu

C.HIMENE

Ole-moi cet objet odieux, Qui reproche ton crime et la vie à mes yeui.

D. noDniGur.

Regarde-le plutôt pour exciter ta liaino. Pour croître ta colère, cl pour hâter ma peine.

CHIMÈNE

n est teint de mon sang.

D. RODRIGUE

Plonge-le dans le mien; Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.

CniMÈNE.

Ah! quelle cruauté, qui tout eu un jour tue Le père par le fer, la Olle par la vue! Ote-moi cet objet, je ne le puis souffrir : Tu veux que je l'écoute, et tu me fais mourir,

D. RODRIGUE

Je fais ce que tu veux, mais sans quitter l'envie

De finir par tes mains ma déplorable vie ;

Car enfin n'attends pas de mou affection

Un lâche repentir d'une bonne action.

De la main de ton père un coup irréparable

Déshonoroit du mien la vieillesse honorable*.

Tu sais comme un soufflet touche un homme de cceur,

J'avois part à l'affront, j'en ai cherché l'auteur :

Je l'ai vu, j'ai vengé mon honneur et mon père;

Je le ferois encor, si j'avois à le faire :

Ce n'est pas qu'en effet, contre mon père et moi,

Ma flamme assez long-temps n'ait combattu pour toi :

Juge de son pouvoir, dans une telle offense

J'ai pu délibérer si j'en prendrois vengeance.

Réduit à te déplaire, ou souffrir un affront,

J'ai retenu ma main, j'ai cru mon bras trop prompt*,

Je me suis accusé de trop de violence;

Et ta beauté, sans doute, emportoit la balance,

Si je n'eusse opposé contre tous tes appas '

• Ta». L'irréparable eiïet d'une clialeur trop prumpte

Déshonoroit mon pore, et me couvroit de lioDte.

• Va». .3'ai pensé qu'à son tour mon bras eiolt trop [irompt.

• Va». à moins que d'opposer à tes plus forts appas.

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