MONSIEUR JOLLY
ANCIEN AVOCAT Al' PARLEMENT DE PARIS.
Mon oncle,
Je n'apprends rien de nouveau au public en lui disant que j'ai ti'acé d'après vous le caractère de mon Avocat. Chacun, en voyant ma copie, a reconnu mon modèle.
Sans doute je dois une partie de mon succès à Goldoni; j'en dois une plus grande encore aux conseils assidus de mes amis Andrieux, Dcsf'aucherets et Picard, mes maîtres dans l'art de la comédie, et aux observations de quelques gens de goût; messieui-s les comédiens français peuvent aussi en réclamer leur part. Mais c'est à vous seul qiie je dois ce que le public a le plus goûté dans mon ouvrage, la noblesse des sentiments et cet enthousiasme de la vertu, dont la peinture plaît même aux moins vertueux. Ce sont souvent vos propres paroles que j'ai retracées: c'était un sûr moyen d'être applaudi.
Daignez, mon oncle, agréer l'hommage de mon succès ainsi que les sentiments inaltérables de respect et d'atlachcment que je vous ai voués.