ACTE I, SCENE II
Le liasard a voulu qu'en même temps que moi Cécile y vînt aussi. Fallait-il fuir?
DUCLOS
Ma foi !
Qui brave le péril à succomber s'expose.
ARMAIND.
J'ignorais qu'elle fût pour rien dans cette cause.
Sa famille, son nom, tout m'était inconnu,
Et c'est depuis huit jours au plus que j'ai tout su.
Avec sa gouvernante elle vit retirée.
Dans sa position on veut être ignorée;
Et je n'ai tout appris que quand son procureur
S'est dit en arrivant son oncle et son tuteur.
DUCLOS
Allons ! je vous en crois. Mais çà , le temps se passe; Si j'allais visiter nos juges?
ARMAND
Non , de grâce.
DUCLOS
Fort bien : mais Robertot ne peut-il pas avoir Offert... que sais-je, moi? l'or a tant de pouvoir!
ARMAND
De l'or ! c'est faire outrage à ces juges austères.
DUCLOS
On vous croirait vraiment né du temps de nos pères ! Mais ce qu'ils condamnaient n'est plus qu'un jeu plaisant; Les vices d'autrefois sont les mœurs d'à-présent.
( Il va pour sortir.)
3o8 L'AVOCAT,
Que vois-je!... de Cécile, oui, c'est la gouvernante... Quel dessein?...
ARMAND
Je ne sais.