ACTE I, SCÈNE VI
COURVILLE
Tout prêt à vous servir, si vous le commandez. La foire de Guibrai dans peu de jours commence, Et si vous y veniez...
ROBERTOT.
Son commerce est immense.
C'est un iiommc d'honneur, d'esprit, de probité. '
COURVILLE
Oh î c'est trop fort , mon cher.
ROBERTOT.
Non, c'est la vérité.
Sans cela, vous sentez que , malgré sa richesse, Il n'eût osé prétendre à la main de ma nièce; Car la probité.... moi.... Comme futur époux, Permettez qu'il assiste à notre rendez-vous. Çà, vous voulez, dit-on, peu sûr de votre cause, De vos prétentions rabattre quelque chose. Quelles sont, s'il vous plaît, vos propositions? Nous les rejetterons, je pense; mais voyons : Peut-être en ferez-vous d'honnêtes, de sincères; Qui sait? Je ne suis point , moi , comme mes confrères ; Je vis de procédure, et je hais les procès. Je voudrais voir partout la justice , la paix... Que gagnerai-je à voir ma nièce reconnue Pour fille de son père, et de ses biens pourvue? Rien, sinon le plaisir de voir ses jours heureux. Unis à ceux d'un homme aimable et généreux.
COURVILI,E, à part.
Tu ne lui dis pas toul.
5i6 L'AVOCAT.
ROBERTOT.
Moi, je fais des dépenses En attendant la noce, et si mes espérances... Enfin...
ARMAND
Pardon, monsieur, mais le temps...
ROBERTOT.
C'est bien dit; Le temps vole, et chacun doit le mettre à profit. C'est qu'en vous écoutant aisément on l'oublie. Parlez, continuez, monsieur, je vous supplie. Vous dites donc?...
ARMAjN'D.
Qui moi, monsieur? Je ne dis rien.
ROBERTOT.
Or donc, pour revenir au but de l'entretien, Vous voulez transiger? essayons de conclure.
ARMAND
Je ne veux rien du tout, monsieur, je vous ftssure.
ROBERTOT.
Ah! c'est pour voir venir. Eh bien ! vous exigez?...
Rien , vous dis-je.
ROBERTOT.
Le quart?
ARMAND
Non.
ROBERTOT.
Le tiers?