COURVILLE, MARIE, CÉCILE
MARIE, tout essoufflée.
Tout va bien , mes enfants, et j'ai bonne espérance. Notre cause est gagnée, ou peu s'en faut , je pense.
CÉCILE
Ciel!
COURVILLE
Vraiment !
MARIE
Déplaisir j'ai le cœur si troublé..
Je vous dirai d'abord que votre oncle a parlé... Oh! mais parlé!... C'était un plaisir de l'entendre. I. a5
A tout ce qu'il a dit je n'ai pu rien comprendre ; Mais c'était excellent! Que vous dirai-je enfin? Il n'a presque rien dit qui ne fût en latin. Aussi l'one'coutait... l'on ouvrait des oreilles... On n'entend guère ici de harangues pareilles. Moi, je pleurais de joie... et les juges vraiment!... Chacun le regardait avec étonnement...
Que n'avez-vous paru dans ce moment, ma chère? Votre seule présence eût décidé l'affaire.
COURVILLE, à" Cécile.
Qu'ai-jedit?...
(à Marie.)
Mais Armand?
MARIE
Ah! combien je le hais !
Le fourbe insigne ! après les vers qu'il nous a faits ! Peut-on ainsi traiter une jeune personne Aussi belle que vous, et surtout aussi bonne !
CÉCILE
11 aurait dit du mal de moi?
MARIE
Certainement.
N'a-t-il pas eu le front de dire hautement Que vous... ah! je l'aurais tué dans ma colère!... Oui... que vous n'étiez pas fille de votre père?... Au surplus , c'est égal. Il a si mal parlé Que Duclos pour sa cause a lui-même tremblé , Et que, l'interrompant presque à chaque minute , A son cher avocat il a cherché dispute;