‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 185 sur 235 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Ecoutez, monsieur Fédéric; vous m'avez l'air d'un galant homme , et je dois vous dire ma pensée tout entière. Je crois votre ami un chevalier noble, délicat, incapable de manquer aux lois de l'hospitalité; mais je crains que, sans le vouloir peut-être, il ne cherche à plaire à ma fille, qui , sans le vouloir aussi , pourrait bien le trouver ce qu'il est, c'est-à-dire fort aimable. ]Monsieur Fédéric, vous me plaisez beaucoup ; mais, je vous en conjure, épargnez-moi le chagrin de dire en face à votre ami... Imaginez un motif pressant; et demain, de bon matin... déjeunez avec nous; joignez à vos chevaux ceux des miens qui vous plairont le plus, et choisissez dans mes gens tous les guides qu'il vous faudra pour abréger et assurer votre route , au sortir de ce château.

FÉDÉRIC

Quoi! vous voulez que dès demain?... (à pan.) Le roi va être au désespoir.

4i6 LA REVANCHE,

Mettez-vous à ma place. Vous connaissez ma naissance, ma fortune. Le comte Si;ismond, dont la famille a donné deux reines à la Pologne, peut-il unir sa fille à un inconnu?

FÉDÉRIC

Un inconnu ! mais... (à pan.) Si nous pouvions gagner du temps par une demi-confidence!

Le chevalier Ramire! qui diable connaît cela! sans emploi...

Pardonnez-moi; mon ami ne laisse pas que d'occuper dans l'état certain poste... et si, connaissant votre antipathie pour la cour, il ne m'avait pas expressément défendu de vous dire...

Plaît-il?

FÉDÉRIC

Rien : mais mon ami n'est pas si inconnu que vous croyez; vous-même le connaissez... de nom du moins; et peut-être que l'époux que vous destinez à votre fille...

LE COMTE , à part.

Ah ! quel soupçon î (haut.) Expliquez -vous.

FÉDÉRIC

11 est dans la vie des circonstances où , pour ne devoir qu'à son propre mérite l'attachement de ce qu'on aime, on prend un titre modeste, un nom sans éclat.

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