FÉDÈRIC, LE ROI, LE COMTE
( Ils entrent parla porte du fond.) LE COMTE.
Non, mon gendre, non, je ne vous suivrai point; je veux au contraire que vous veniez vous établir ici avec nous. Nousserons tous heureux dans cette habitation délicieuse.
Mais il peut cependant arriver tel événement qui vous amène à la (;our.
A la cour! moi! jamais. Ah ! vivent la nature et mon
château-fort! Voyez ces fossés, ces arbres, ces bastions, ces prairies, ces contrescarpes; comme tout cela est beau! comme cela est champêtre!
FJÉDÉRIC.
Tout-à-fait.
Je laisse au vulgaire cette triste folie qu'on nomme ambition; mon ameest supérieure à tous ces préjugés. J'ai paru à la cour dans ma jeunesse, un moment , du temps du feu roi. Je n'y fus pas reçu comme je méritais (de l'être; mais ce n'est pas cela qui m'en a dégoûté , je vous assure.
LE ROI
Je vous en crois. Au reste , il y a des philosophes plus faibles que vous, qui dédaignent la cour, tant qu'ils n'y sont pas accueillis ; mais qui sont de bonne composition , et ne demandent pas mieux que de se réconcilier avec elle.
LE COMTE, en souriant.
Ah ! je ne suis pas comme cela, moi.