ACTE III, SCENE II
LE ROI
Cela va sans dire; on ne demande jamais conseil que pour cela.
Mon bon ami, le roi est ici ; je lui parle librement, comme à vous. J'ai envie de profiter de l'occasion pour demander une place à la cour,
LEROL
Vous, mon cher comte ! vous, avec vos principes!
Ecoutez donc, les bontés du roi... les circonstances...
Ah! oui, les circonstances... Eh! mon Dieu! tous ceux qui acceptent des places ne donnent pas d'autres raisons. Rien au monde, disiez-vous, ne pouvait vous tirer de vos champs et vous amener à la cour.
Tenez, on dit ces choses-là...
LE ROI
Quand on n'est pas en faveur. Il est vrai que la faveur se rapproche de vous; le roi vous témoigne de la bienveillance, il affectionne votre fils malgré ses petits torts, et même, entre nous, il ne laisse pas que de s'occuper de votre fille.
Oui, il paraît qu'elle a fait sur lui certaine impression. Ma fille de son côté le trouve aimable. (Le roi fait un mouvement.) Mais à cct égard, mon ami , il n'y a pas de faveur (|ui tienne; quand même le roi daignerait
songer à répouscr, cequc je suis bien éloigne de croii-c, vous êtes le premier en date , et si vous plaisez à Eliska , elle est à vous , comme je vous l'ai promis.
LE ROI, à part.
C'est un honiiêle homme,
Et puis, s'il faut que je vous dise toute ma pensée, la recherche que le roi daignerait faire de ma fdle m'honorerait beaucoup; mais je ne sais pas si elle serait très heureuse avec lui.
LE ROI
Et pourquoi donc?
Pourquoi? pourquoi? parce qu'il joint à de hautes qualités certaines légèretés dont Eliska a entendu parler, et qu'une femme ne pardonne guère dans un mari.
LE ROI
Bon!
Oui , il est un peu... là... un peu... vous comprenez... un peu galant.
Chut!
Qu'est-ce ^
LE ROI
LE ROI
Le roi est ici , il pourrait vous entendre.
Diable' j'en serais bien fâché; cela me luniait.