ACTE III, SCÈNE III
core rester; mais, quelle que soit la durée de mon règne, je me suis bien promis d'être le plus débonnaire des rois de ma dynastie.
Puisque votre majesté est si indulgente, elle excusera cette demande qui n'avait pas paru trop déraisonnable au capitaine de ses gardes.
( Il montre le ro:. ) LE DUC, au roi.
Ahî... Est-il vrai, monsieur le duc, que vous avez encourage monsieur le comte à demander la place de premier chambellan ?
LE ROI
Il est vrai, sire; je le lui ai conseillé.
LE DUC
Eh bien! je veux vous consulter aussi ; me conseillez-vous de la lui donner?
LE ROI
Puisque votre majesté m'honore à ce point, j'ose lui conseiller de donner cette place à monsieur le comte.
LE DUC
En ce cas, et à votre recommandation, je la lui donne , ou plutôt il la tiendra de vous , et elle n'en aura que plus de prix à ses yeux.
Ah! sire, les expressions me manquent pour vous témoigner...
C'est monsieur le duc qu'il faut roiiiercier.
462 LA REVANCHb:,
LE ROI , à part.
Je suis fort content de mon représentant; il a beaucoup d'esprit et de mesure.
LE COMTE , prenant la main du roi.
Monsieur le duc connaît mon amitié pour lui; ce service y ajoute encore, et je veux, pour le reconnaître, liâter le mariage qu'il désire.
LE ROI
Un moment, monsieur le comte; je ne suis pas sûr du consentement de mademoiselle votre fille.
Oh! vous l'obtiendrez.
LE ROI
Et puis , je pourrais , par hasard, avoir tel rival...
Un rival !
LE ROI
Oui, un rival, que vous et elle pourriez fort bien me préférer; un rival que je n'attendais pas, (d'un ton impératif.) et qui va sans doute se déclarer.
Que dites-vous?
LK DUC
La vérité, monsieur le comte; je ne prétends point le cacber à monsieur le duc, et ce rival, c'est moi.
Vous, sire! ( à pan. ) Est-il possible!
LE DUC, au roi.
Je sais, monsieur le duc, que vous avez à la mam