SCÈNE XVII
Et nous nous aimerons encor plus que jamais.
FLORVAL, à part.
(haut.)
C'est Constance, c'est elle ! Eh ! qui peut voir Julie Et ne pas éprouver ?...
JULIE
Dites-moi, je vous prie, Ce que nous éprouvons est-il donc de l'amour ? On dit que l'amour naît et s'éteint en un jour! Ce qlie je vous inspire....
FLORVAL.
Est un intérêt tendre.
Une émotion douce et qu'on a peine à rendre, Un mélange charmant de trouble, de plaisir, Certain je ne sais quoi qu'on ne peut définir : Est-ce amour, amitié?... je ne saurais le dire; Mais je crois que le temps ne pourra le détruire.
JULIE
Oh ! comme mon cœur bat ! que ce discours est doux ! Voilà précisément ce que je sens pour vous! 3e me réjouis bien de l'apprendre à Constance. Florval, savez- vous bien ce que ma sœur en pense? Elle dit... Mais non, non; prouvons-lui qu'elle a tort. Vous avez vu Constance ?
FLORVAL, fixant les yeux sur Julie.
Et je la vois encor.
JULIE
Comment ?
94 L'JiPREUVE DÉLICATE,
FLORVAL.
Oui, je la vois dans sa plus belle image; Vous avez sa douceur, son esprit, son langage.
JULIE
Vous riez ?
FLORVAL.
Non, dans vous je vois tous ses attraits; Les Grâces de concert ont dessiné vos traits ; Lorsque vous me parlez, je l'écoute et l'admire;
(Ici Constance arrive et les examine. — Julie sourit.) C'est elle qui sourit quand je vous vois sourire;
(Il lui prend la main.)
Lorsque j'ai le bonheur de toucher votre main, Je crois toucher la sienne; et si jamais l'hymen Par les nœuds les plus doux l'un à l'autre nous lie , Je croirai l'épouser en épousant Julie.