‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 36 sur 235 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

C01VSTA^^CE.

H le désirait trop pour le lui refuser. Il croit en le voyant et me voir et m'entendre.. . Oui, tout ce que l'amour inspire de plus tendre, Florval , en ce moment, l'adresse à mon portrait. Il regarde, contemple, admire chaque trait; Il sourit, il me nomme, il se tait, il soupire...

VALSAIN.

Et vous approuveriez vous-même un tel délire?

CONSTANCE

Et que voyez-vous là dont je doive rougir ? Il parle à mon image; on ne peut qu'applaudir A ce moyen discret, respectueux et tendre De ne me point parler et de se faire entendre, D'exprimer avec feu, sans en être blâmé, Le bonheur qu'il ressent d'aimer et...

VALSAIN.

D'être aimé , N'est-ce pas ?

CONSTANCE

Mais...

VALSAIN, hors de lui.

Perfide!...

CONSTANCE

Ah ! dieu ! quelle colère !

Vous-même ce matin paraissiez au contraire Désirer qu'il me plût.

VALSAIN.

Avais-je présumé?...

()8 L'ÉPIIELVE DÉLICATE,

Et ne saviez-vous pas que je l'avais aimé?

VALSAIN.

Oui...

CONSTANCE

Ne l'avez-vous pas ici mandé vous-même?

VALSAIN.

Oui, mais...

CONSTANCE

N'est-ce donc pas approuver que je l'aime?

VALSAIN.

Approuver ! quoi! madame! avez-vous bien pensé A quel point votre époux s'en croirait offensé ?

CONSTANCE

Qui de vous, ou de moi, doit se plaindre de l'être? N'aimais-je pas Florval avant de vous connaître ? Cependant, quand mon père arrêta notre hymen, J obéis sans murmure et vous donnai ma main. Et vous, sans respecter ni ma délicatesse, Ni d'un sexe trompé l'ordinaire faiblesse, Quand j'oubliais Florval, vous le faites venir. Et me forcez vous-même à m'en ressouvenir !

VALSAIN.

Eh bien ! que Florval parte !

CONSTANCE

Eh ! d'un effort semblablo Que savez-vous, monsieur, si mon cœur est capable? Youdriez-vous encor le déchirer '^

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