ACTE I, SCÈNE III. i^i
Pourquoi m'avoir forcé cîe rompre le silence? Je partais, sans espoir que celui de mourir; Mais je partais du moins sans qu'on pût me haïr.
CAMILLA., vivement.
Moi, vous haïr, Selmoursl ô ciel' quelle injustice! Et pourquoi voulez-vous que mon cœur vous haïsse ? Croyez-vous, en partant, hélas! que, de nous deux, Celui qui fût resté fût le moins malheureux?
SELMOURS, transporté.
Qu'entends-je? se peut-il?..,
JUSTIiN'E, malignement.
Partez donc à cette heure; Qui vous retient?
DUBOIS, feignant de partir.
Justine a raison, et...
SELMOURS , l'arrêtant.
Demeure. . .
Mais que pourrai-je dire à monsieur Bonézi?
JUSTINE
Bah ! de votre départ il eut trop de souci
Pour n'être pas charmé que vous restiez encore...
Mais il vient... Sortez vite.
SELMOURS.
Un mot !
JUSTINE , à Selmours.
On vous adore ; Qu'exigez-vous de plus ?
(Elle le pousse deliors. )
i4.i LA DUPE DE SOI-MÊME,
DUBOIS , en sortant.
Il brûlait de partir ^ C'est le diable à présent pour le faire sortir.
(Ils sortent à gauche.)