ACTE I. SCENE IV. i
JUSTINE
Non :
Il est encore ici.
BOIN^ÉZI.
Quoi!
JUSTIjVE.
L'ignoriez-vous donc?
Il s'est trouvé malade.
BONÉZl.
Oh! oh! cela m'ëtonne.
Il se portait, hier encor, mieux que personne. Qu'a-t-il?
JUSTINE
Une rechute : il n'est pas bien.
BONÉZI.
Vraiment ?
Voyez un peu!... Cela l'a pris bien brusquement?
JUSTINE
Au moment du départ.
BONÉZI, souriant.
Ah! j'y suis, je parie... J'avais bien deviné.
JUSTINE
Comment ?
BONÉZI.
Sa maladie M'est connue.
CAMILLA, à part, avec effroi
Il suit tout.
i44 LA DUPE DE SOI-MÊME,
JUSTINE, ii pari.
Se pourrait-il?..,
BONÉZI.
Selmours, Bien guéri de sa fièvre, était, en quinze jours, Devenu frais , joyeux ; par son esprit aimable , Il faisait le plaisir, l'ornement de ma table ; Sa gaîté, ses talents avaient dans ma maison Attiré des amis, tous gens du meilleur ton. Je m'en applaudissais. Tout à coup son langage Devient triste, son air taciturne, sauvage; Pour un jeune homme enfin, quel augure effrayant! Il perd tout appétit.
JUSTINE
Triste augure vraiment!
Et vous en concluez?...
BONÉZI.
Qu'une amoureuse flamme A , depuis quelque temps , pris naissance en son ame.
Il serait amoureux ?
BONÉZI.
J'en suis sûr.
JUSTINE
Et de qui ?
BONÉZI.
Vous savez, comme moi, l'objet qu'il a choisi.
, JUSTINE
ISous !