‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 60 sur 235 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BONEZI, entrant par la porte du dehors , JUSTINE. JUSTINE.

Il n'était pas chez lui ?

BONÉZI.

Non.

JUSTIÎfE.

Ah!

BONÉZI.

Mais tout à l'heure Lui-même doit venir me trouver.

JUSTINE

Il demeure, Monsieur, si près d'ici, que, moi, je m'étonnais Que vous fussiez resté si long-temps.

BONÉZI.

Je causais Avec sa fille.

JUSTINE

Eh hien ?

LA DUPE DE SOI-MÊME. i5o

BONÉZI.

Tu ne saurais comprendre Quels ont été sa joie et ses transports, d'apprendre I/objet de ma démarche.

JUSTINE

Oh! si, je le conçoi.

BONÉZI.

Elle adore Selmours; mais sais-tu que, sans moi, Mancina douterait encor si Selmours l'aime?

JUSTINE

Ah ! vraiment! il n'osait se le dire à lui-même; Il est si timide !

BONÉZI , haussant les épaules.

Oui , les amants sont si sots !

Il n'a, m'a-t-elle dit, parlé qu'à demi-mots; Il croyait qu'on devait expliquer son silence.

JUSTINE

Le silence, en amour, a bien son éloquence!

BONÉZI.

Aussi l'a-t-on compris ; et sans peine elle a cru Ce dont son cœur était à moitié convaincu. Comme elle m'a prié de bien presser son père!... Je l'attends... Nous verrons s'il voudra...

JUSTINE

Je l'espère ; Moi, je vais rassurer Selmours.

BONÉZI.

Dis-lui qu'ici Je lui rendrai bientôt compte de tout ceci.

iGo LA DUPE DE SOI-MEME,

JUSTINE, en sortant.

Il met dans vos bontés toute sa confiance.

BONÉZI , à part .

Qu'il s'en fie encor plus au soin de ma vengeance.

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