ACTE III, SCÈNE IV. igS
EONÉZI. •
Trêve pour un moment Aux affaires; Souffrez que je vous entretienne De votre fille... Oh ! mais, parlons sans nulle haine, Sans aigreur, enfin là... comme de bons voisins.
niCARDO.
Eh ! laissez là ma fille, et parlons de nos vins. Quelle rage avez-vous de revenir sans cesse Sur un point?,..
BONÉZI.
J'y reviens parce qu'il intéresse Un homme que j'estime.
RICAHDO.
Encore votre auteur !
Peste soit du poète !
(à part.)
Et de son protecteur!
BOWÉZJ.
Songez qu'il est aimé. Dans cette circonstance, Le penchant d'une fille est de quelque importance.
RICARDO, d'un air dédaigueux.
Ah ! le penchant!... voilà du style de roman.
RONÉZÎ.
Eh bien! soit; persistez dans votre aveuglement; Mais savez-vous de quoi la jeunesse est capable, Quand l'amour a troublé sa raison ?
lUCAiîDO.
Pure fable!
BONÉZl.
Ne vous exposez pas, par trop d'entètemeiit, A l'affront de vous voir enlever votre enfant.
RICA.RDO.
Une fille, en fuyant, ne deshonore qu'elle.
BONÉZl.
Que vous vous préparez une peine cruelle!.,. Vous ne voulez point?. ..
RICARDO, impatienté.
Non, encore une fois, non.
BONÉZI , de même.
Eh hien! l'on s'est passé de la permission.
RICARDO
Que dites-vous?
BONÉZI.
Je dis que, pour fuir l'esclavage, Ij'oiseau s'est, malgré vous, échappé de sa cage.
RICARDO
Ma fille a fui!.,, grand Dieu!
Courez-y voir plutôt.
RICARDO
(à Bonézi.)
Ah! scélérate!... Et vous, artisan du complot 1...
BONÉZI
Moi, l'artisan !...
RICARDO
Qui donc a pu vous en instruire, Si vous-même?...