POUR LE JARDIN DE MADAME D'HOUDETOT
combien j'aime mieux vos rians paysag^es Que ces parcs de Plutus ^ dispendieux ouvrages , Où venaient à grand bruit se cacbef autrefois Et les ennuis des grands' et les cbagrins des rois ! Je trouve Tinnocence et le bonbeur cbampétre Dans ces lieux ^ que voâ mains ont pris soin d'embellir^ L'oiseau de vous charmer semble s'enorgueillir^ Les roses s'empresscntjd'j naître^ Et le chêne veut y vieillir.
J'aime de vos gazons les nappes verdoyantes ^ Vos ëlegans bosquets , vos bois majestueux y Tout plaît à me^ regards : vos routes ondoyantes Ne me tpurmçnte.nt point de replis tortueux , Et l'op peut y marcher ^ y rêver deux à deux.
Acesbeauy: lieux quçl&'bpn goût décore.
Plus d'un doux moaument vient ajouter encore : De tous ceux qui vous furent chers.
Dont vous aimiez rëloqu^nce ou les viers , Sous les abris'sàcrës de ces feuillages son^brcs On croit voir revenir et voltiger les ombres;
Voire arl vciii emotlvoir , et non pa» éblouîr ; Pouf vous, aimer c'est vivre, et jrêver c'est jouir;
La douleur rêveuse a son charme.
Dès qu'on arrive à ce jardin cKarmant ,
Le cœur est sûr d'un sentiment , .
Et l'œil se promet une larnle.
Tout ici se conforme à vo& tendres douleurs ; Pour vous le noir cyprès i^mbrunit 9és couleurs ,
L'onde plaintive attriste son murmure , Un jour melanccflique ëdaire l'ombre obscure ^ Et le saule incline joint son deuil à vos pieurs.- Eb! qui peut près de vous demeurer impassible? Quels barbares échos peuvent rester muets?
Les doux ressouvenirs habitent nos bosquets ; La tristesse chérit leur silence paisible y
Et , pour exprimer vos regrets , La pierre même apprend à devenir sensible.
A.A.« SUR LE POfKTRAIT