PARTIE II, GHAP. XIII
aurons alors le temps de guérir son pauvre cerveau.
Le jeune bachelier n'avait va dans cette' commission ^ti^une parti« de plaisir. Thomas Gecial , voisin ^e Sancho , homme d'esprit et d'un naturel gai, s'était offert pour jouer le r61e d'écujer. Carrasen s'équipa comme nous Tarons vu. Thomas se munit d'un grand nez postiche pour que Sancho ne le reconnût pas , et , tous deux en marche sur des haridelles , avaient suivi les traces de notre héros , qu'ils pensèrent joindre près du char de la mort. Le soir même ils le découvrirent dans le bois , où l'aventure que nous avons décrite pensa se terminer tragiquement pour le pauvre bachelier, et le mettre tout-à-fait hors d'état de recevoir jamais ses licences.
Monsieur Carrasco , lui disait Thomas en le ramenant , SBve^vofis bien que , dans le fait , nous n'avons que ce que nous méritons ? Don Quichotte est fou , nous nous croyons sages ; il s'en va fort bien portant et plein de joie , BOUS nous en retournons fort tristes et frottés de main de maiti*e. De quel côté pensez > vous que soit le bon sens ? Du nôtre , répondit Carrasco , parce que 0011*6 folie ne durera qu'autant que noua le voudrons bien. — En ce cas j'ai l'honneur de vouii dire que ^e ne
yeux plus que la mienne dure ; et , dès que BOUS aurons gagné un yiUage où y ous pourrez yous faire panser, je yous ayertis que je m'en retourne chez nous. — Tu feras fort bien , mon ami ; mais , quant à moi , je te réponds que , puisque me yoilà cheyalier , j.e ne cesserai de rétre qu'après ayoir étrillé monsieur don Quichotte. Je suis piqué, je l'ayoue; jusqu'à présent j'ayais cherché ce fou-là pour le guérir , mais à présent ce sera pour me yenger.
Eu pariant ainsi, nos héros battus arriyèrent à un bourg où le bachelier s'arrêta pour se remettre de sa lourHe chute. Son écujer ïj laissa , et notre historien le laisse aussi jusqu'au moment fort éloigné où nous le yerrons reparaître.