ACTE II, SCENE IV
Il in*avdt par Arcas aiToyé c^le lettre < . Arcas s*est vu trompé* par notre égarement >, Et Yient de me la i*eQdre en ce même moment. Sauvons, enoor un coup, notre gloire offensée : Pour votre hymen Achille a changé de pensée, Et, refusant Fbonneur qu'on lui veut accorder, Jusques à son retour il veut le retarder.
ÉBIPHILS.
Qu'entends-Je?
CLTTEMNESTBK.
Je vous vois rougir de cet outrage.
Il faut d'un noble orgueil armer votre courage. Moi-même, de Tingrat approuvant le dessein. Je vous rai dans Argos (ùrésenté de ma main; Et mon choix, que flattoit le bruit de sa noblesse',
exposer quelqu'un, et s'exposer soi-m^me; mais ce verbe ne s'emploie qu'absolument, c'est-à-dire qu'il ne prend pas le régime indirect, et qu'on ne dit point ae commettre à quelque choee; craignant de vous commettre aux affronte d'un re/ue n'est donc pas françois. (D'O.)
1 Des critiques ont dit qu'Arcas commet une faute considérable en remettant la lettre sans avoir pris de nouveaux ordres. L'observation seroit juste si cet Arcas n'étoit pas beaucoup plus dévoué à Clytemnestre qu'à son mari ; il l'est au point que tout à l'heure il va révéler à l'une le secret de l'autre. On peut donc supposer qu'il lui a remis la lettre afin qu'elle s'en explique avec Agamemnon, et que, d'accord avec lui, elle prenne tous les moyens possibles pour sauver sa fille ; et ce qu'il sait des dispositions du roi doit lui donner cette espérance. Il faut y regarder à deux fois avant de noter une invraisemblance dans un plan de Racine. (L.)
"* Égarement ne s« prend qu'au figuré, pour désigner les désordres de l'esprit et du cœur. Il n'est pas en usage pour signifier l'erreur qui fait qu'on s'égare en route. L'autorité de Racine, et la pauvreté de notre langue poétique, sont peut-être deux motifiB pour l'admettre dans les vers. (O.) — Le Dictionnaire de l'Académie autorise l'emploi du mot égarement dans le sens propre ; mais les lexicographes modernes disent avec raison qu'il a vieilli.
s Ces vers n'ont point, comme le croient Louis Racine et Geoffroy, un sens ironique. Le cœur d'une mère s'y laisse voir tout entier dans les nuances délicates du regret, de la fierté et du dépit. Clytemnestrc s'associe d'abord à la douleur de sa fille, pour l'associer à son tour aux sentiments d'orgueil qui peuvent la consoler. Ce sont les secrets de l'amour maternel ; mais il falloit être Racine pour les deviner.
Vous doimoit avec joie au fils d'une déesse. Mais, puisque désonnais son lâche repentir Dément le sang des dieux dont on le fait sortir, Ma fille, c'est à nous de montrer qui nous sommes, Et de ne voir en lui que le dernier des bommes. Lui ferons-nous penser, par un plus long séjour. Que vos vœux de son cœur attendent le retour? Rompons avec plaisir un hymen qu'il diffère. J'ai fait de mon dessein avertir votre père ; Je ne l'attends ici que pour m'en séparer;. Et pour ce prompt départ je vais tout préparer.
(àÉriphile.)
Je ne vous presse point, madame, de nous suivre ; En de plus chères mains ma retraite vous livre. De vos desseins secrets on est trop éclairci ; Et ce n'est pas Galchas que vous cherchez ici ^