THÉSÉE, PANOPE
PANOPE
riguore le projet que la reine médite,
Seigneur; mais je crains tout du transport qui l'agite.
Un mortel désespoir sur son visage est peint;
La pâleur de la mort est déjà sur son teint.
Déjà de sa présence avec honte cbasscn;.
Dans la profonde mer OEnone s'est lancée.
On ne sait point d'où part ce dessein furieux ;
Et les flots pont jamais l'ont ravie à nos yeilx ^ . *
THÉSÉE
Qu'eatends-je?
PANOPE
Son trépas n'a point calmé la reine; Le trouble semble croître en son unie incertaine. Quelquefois, pour flatter ses secrètes douleurs. Elle prend ses enfants et les baigne de pleurs ; Et soudain, renonçant à l'amour maternelle. Sa main avec horreur les repousse loin d'elle ;
1 C'est un certain Gilbert, secrétaire de la reine Christine, qui, dans une tragédie d!Hippolj/te, ou le Garçon insensible, a imaginé le premier de faire mourir de mort violente la confidente de Phèdre. Dans Euripide et dans Sénèque, cette confidente est chassée, et Ton ignore ce qu'elle devient. Il est douteux cependant que Racine ait eu besoin de Gilbert pour concevoir une idée si simple, et qui lui étoit indiquée par son sujet. Ce Gilbert est encore le premier qui ait prêté à son Hippolyte cette délicatesse héroïque qui le fait s'exposer à perdre la vie, plutôt que d'exposer son père à rougir.
r>8U PHEDRE.
Elle |K>rteau hasard ses pas irrésolus; Son œil tout égan''! ne nous reconnolt plus; Elle a trois fols écrit ; et, changeant de pensée. Trois fois elle a rompu sa lettre commencée ^ Daignez la voir, sei^ieur; daignez la secourir.
THËSEE.
() cieiî OEnoiie est morte, et Phèdre veut mourir •? Qu*on rapi>elie mon (ils, qu'il vienne se défendre; QuMl vienne me* parler, je suis prêt de Tentendre.
Ne précipite point tes funestes bienfaits, Neptune ; j'aime mieux n'être exaucé jamais. J'ai peut-être trop cru des témoins peu fidèles, Et j'ai trop tôt vers toi levé mes mains cruelles. Ah! (le quel désespoii' mes vœux seroient suivis!