‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 296 sur 397 · ÉLISE, PARTIE DU CHOEUR · texte numérisé non relu

ÉLISE, PARTIE DU CHOEUR

ÉLISE

Que VOUS semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes?

1 K Qu'on appelle. Aman, 'lit le roi aussitôt, afin qu'il obéisse à la volonté de la reine. » (Esth., ch. v, vers. 5.) — C'étoit la plus grande faveut à laquelle on pouvoit prétendre dans la Perse. Rarement les rois admettoient à leur table leur mère, jamais leur épouse. Plutarque rapporte que, lorsque Artaxerxès fit venir à sa table ses frères, ce fut une nouveauté ; et que, dans une autre occasion, les grands de sa cour furent jaloux de l'honneur qu'il fit à Timagore le Cretois, on, selon d'autres, à Eutyme de Gortine, en l'invitant à manger avec lui. (L. B.)

448 ESTHEB.

D*Estber, d^Aman, qui le doit emporter?

Est-ce Dieu, sont-ce les hommes, Dont les œuvres vont éclater?

Vous avez vu quelle ardente colère Allumoit de ce roi le visage sévère.

UNE DES ISRAÉLrrES.

I>es éclairs de ses yeux Toeil étoit ébloui.

UNE AUTRE

Et sa voix m'a paru comme un tonnerre horrible.

ÉLISE

Comment ce courroux si terrible En un moment s'est-il évanoui?

UNE DES ISRAÉLITES chante.

Un moment a changé ce courage inflexible : Le lion rugissant est un agneau paisible. Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur *.

XE CU(^UR chante.

Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.

LA MÊME ISRAÉLITE chante.

Tel qu'un ruisseau docile ' Obéit à la main qui détourne son cours. Et, laissant de ses eaux partager le secours,

Va rendre tout un champ fertile.

Dieu, de nos volonté^ arbitre souverain, Le cœur des rois est ainsi dans ta main.

ÉLISE

Ah ! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages

Qui de ce prince obscurcissent les yeux ! Comme il est aveuglé du culte de ses dieux !

UNE ISRAÉLITE

Il n'atteste jamais que leurs noms odieux.

i « En même temps Dieu cliangea le cœur du roi, et lui inspira de la douceur. »» (Esth., ch. v, vers. 11.)

î Ce vers est une imitation d'un verset du livre des Proverbes dëja cité acte I, se. i.

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