ÉLISE, PARTIE DU CHOEUR
ÉLISE
Que VOUS semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes?
1 K Qu'on appelle. Aman, 'lit le roi aussitôt, afin qu'il obéisse à la volonté de la reine. » (Esth., ch. v, vers. 5.) — C'étoit la plus grande faveut à laquelle on pouvoit prétendre dans la Perse. Rarement les rois admettoient à leur table leur mère, jamais leur épouse. Plutarque rapporte que, lorsque Artaxerxès fit venir à sa table ses frères, ce fut une nouveauté ; et que, dans une autre occasion, les grands de sa cour furent jaloux de l'honneur qu'il fit à Timagore le Cretois, on, selon d'autres, à Eutyme de Gortine, en l'invitant à manger avec lui. (L. B.)
448 ESTHEB.
D*Estber, d^Aman, qui le doit emporter?
Est-ce Dieu, sont-ce les hommes, Dont les œuvres vont éclater?
Vous avez vu quelle ardente colère Allumoit de ce roi le visage sévère.
UNE DES ISRAÉLrrES.
I>es éclairs de ses yeux Toeil étoit ébloui.
UNE AUTRE
Et sa voix m'a paru comme un tonnerre horrible.
ÉLISE
Comment ce courroux si terrible En un moment s'est-il évanoui?
UNE DES ISRAÉLITES chante.
Un moment a changé ce courage inflexible : Le lion rugissant est un agneau paisible. Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur *.
XE CU(^UR chante.
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
LA MÊME ISRAÉLITE chante.
Tel qu'un ruisseau docile ' Obéit à la main qui détourne son cours. Et, laissant de ses eaux partager le secours,
Va rendre tout un champ fertile.
Dieu, de nos volonté^ arbitre souverain, Le cœur des rois est ainsi dans ta main.
ÉLISE
Ah ! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages
Qui de ce prince obscurcissent les yeux ! Comme il est aveuglé du culte de ses dieux !
UNE ISRAÉLITE
Il n'atteste jamais que leurs noms odieux.
i « En même temps Dieu cliangea le cœur du roi, et lui inspira de la douceur. »» (Esth., ch. v, vers. 11.)
î Ce vers est une imitation d'un verset du livre des Proverbes dëja cité acte I, se. i.