SCÈNE II
AMAN, ZARÉS, HYDASPE. .
HTDASPR, iAman.
Seigneur, je courois vous chercher >.
Votre absence en ces lieux suspend toute la joie ; Et pour vous y conduire Assuérus m'envoie.
AMAN
Et Mardocfaée est-il aussi de ce festin >?
HTDASPE.
A la table d'Esther portei&-vous ce chagrin ? Quoi ! toigours de ce Juif l'image vous désole?
1 On ne diroit point tout Hercule pour les Héraclidef^ tout F&llante pour les Pallantidet. Mais comme, dans le style de l'Ecriture Sainte, on dit tout Israël pour le peuple sorti d'Israël , on peut dire tout Amalec pour les Amalécites, dont il fut le père. (L. R.)
t M Lorsqu'ils lui parloient encore, les eunuques du roi survinrent, et le forcèrent de venir aussitôt au festin que la reine avoit préparé. » ( Eilk.y ch. VI , vers. 14.)
S Question amère et ironique, qui peint les tourments secrets auxquels le cœur d'Aman est en proie. (G.)
458 ÏSTHER.
Laissez-le s*appUiH]ir d*uQ Iriomphe frivole.
Croit-il d*Assuéros éviter la rigueur?
Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur?
On a payé le zèle, on pdnira le crime ;
Et l'on vous a, seigneur, orné votre victime.
Je me trompe, ou vos vœux par Estber secondés
Obtiendront plus encor que vous ne demandez. •■ *■
AMAN. '
Croirai-je le bonheur que ta bouche m'annonce?
HTDASPE.
J'ai des savants devins entendu la réponse : Ils disent que la main d'un perfide étranger . Dans le sang de la reine est prête à se plonger. Et le roi, qui ne sait où trouver le. coupable. N'impute qu'aux seuls Juifs ce pnojet détestable. . .
AMAN
Oui, ce sont, cher ami, des monstres furieux : Il faut craindre surtout leur chef audacieux. La terre avec horreur dès longtemps les endure; Et l'on n'eu peut trop tôt délivrer la nature. Ah! je respU'e enfin. Chère Zarès, adieu.
HYDASPE
Les com{)agnes d'Esther s'avancent vers ce lieu * : Sans doute leur concert va commencer la fête. Entrez et recevez l'honneur qu'on vous apprête.
1 Aujourd'hui, dans les représentations d'Esther sans les chœurs, les Comédiens substituent au vers de Racine lé vers suivant de leur composition :
Esther, Àssuéras s'avancent vers ce lîea.;
et de là ils passent sans interruption à la scène quatrième. Ce mauvais vers, substitué à celui de Racine, n'est pas le seul inconvénient. attaché à la suppression dUin chœur si bien lié à l'action ; car cettQ suppression détruit l'intervalle nécessaire entre les deux scènes, pour le festin d'Esther. (G.)