‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 303 sur 397 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AMAN, ZARÉS, HYDASPE. .

HTDASPR, iAman.

Seigneur, je courois vous chercher >.

Votre absence en ces lieux suspend toute la joie ; Et pour vous y conduire Assuérus m'envoie.

AMAN

Et Mardocfaée est-il aussi de ce festin >?

HTDASPE.

A la table d'Esther portei&-vous ce chagrin ? Quoi ! toigours de ce Juif l'image vous désole?

1 On ne diroit point tout Hercule pour les Héraclidef^ tout F&llante pour les Pallantidet. Mais comme, dans le style de l'Ecriture Sainte, on dit tout Israël pour le peuple sorti d'Israël , on peut dire tout Amalec pour les Amalécites, dont il fut le père. (L. R.)

t M Lorsqu'ils lui parloient encore, les eunuques du roi survinrent, et le forcèrent de venir aussitôt au festin que la reine avoit préparé. » ( Eilk.y ch. VI , vers. 14.)

S Question amère et ironique, qui peint les tourments secrets auxquels le cœur d'Aman est en proie. (G.)

458 ÏSTHER.

Laissez-le s*appUiH]ir d*uQ Iriomphe frivole.

Croit-il d*Assuéros éviter la rigueur?

Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur?

On a payé le zèle, on pdnira le crime ;

Et l'on vous a, seigneur, orné votre victime.

Je me trompe, ou vos vœux par Estber secondés

Obtiendront plus encor que vous ne demandez. •■ *■

AMAN. '

Croirai-je le bonheur que ta bouche m'annonce?

HTDASPE.

J'ai des savants devins entendu la réponse : Ils disent que la main d'un perfide étranger . Dans le sang de la reine est prête à se plonger. Et le roi, qui ne sait où trouver le. coupable. N'impute qu'aux seuls Juifs ce pnojet détestable. . .

AMAN

Oui, ce sont, cher ami, des monstres furieux : Il faut craindre surtout leur chef audacieux. La terre avec horreur dès longtemps les endure; Et l'on n'eu peut trop tôt délivrer la nature. Ah! je respU'e enfin. Chère Zarès, adieu.

HYDASPE

Les com{)agnes d'Esther s'avancent vers ce lieu * : Sans doute leur concert va commencer la fête. Entrez et recevez l'honneur qu'on vous apprête.

1 Aujourd'hui, dans les représentations d'Esther sans les chœurs, les Comédiens substituent au vers de Racine lé vers suivant de leur composition :

Esther, Àssuéras s'avancent vers ce lîea.;

et de là ils passent sans interruption à la scène quatrième. Ce mauvais vers, substitué à celui de Racine, n'est pas le seul inconvénient. attaché à la suppression dUin chœur si bien lié à l'action ; car cettQ suppression détruit l'intervalle nécessaire entre les deux scènes, pour le festin d'Esther. (G.)

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