‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 39 sur 397 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ROXANE, ATALEDE, ZATIME. '

ROXANE

Madame, j'ai reçu des lettres de Tannée ^ De tout ce qui s'y passe ôtes-vous informée?

ATALmE.

On m'a dit que du camp un esclave est venu : Le reste est un secret qui ne m'est pas connu.

ROXANE

Amurat est heureux : la fortune est changée, Madame, et sous ses lois Babyione est rangée.

ATALIDE

Hé quoi, madame! Osmin...

ROXANE

Étoit mal averti ' ; Et depuis son départ cet esclave est parti. C'en est feit.

ATALIDE , à part.

Quel revers!

ROXANE

Pour comble de disgrâces.

Le sultan, qui l'envoie, est parti sur ses traces.

ATALIDE

Quoi ! les Persans armés ne l'arrêtent donc pas?

î Ce vers fut relevé par les critiques, comme étant de la conversation familière : la situation le rend admirable. Des lettres de Varmée, dans les circonstances où l'on est, ne peuvent apporter qu'un arrêt de mort contre Bajazet. Ce seul mot doit épouvanter Atalide; et quand l'expression n'a rien d'ignoble en elle-même, c'est un mérite vraiment dramatique de faire trembler avec les mots les plus ordinaires, et qui partout ailleurs seroient la chose dii monde la plus simple. (L.)

î Terme impropre en cette occasion. Le mot propre étoit mal instruit, mal informé; car Osmin n'a reçu aucun avis, aucune nouvelle, et c'est dans ce cas seulement qu'il eût pu être mal averti. Du reste, tout le dialogue de cette scène est un modèle de précision, de justesse et d'art. (L.)

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