Scène ix. iSS
LTCAHDR1S*
Vous l'avez deviné. Pardonnez -mdi eetta fbiblesse. Il ne nous faut qu'oti' instant pour conclure, et vous ne m^ refuserez pns la complaisance de m'apprendre ce qui vient de se passer à la Gomëdiei
ARAMIICTE.
Est-ce que mes nièces ne vous en ont rien dit?
LTCAWDRE. *
Je ne les ai pas vues. D'ailleurs , ce sont des innocentes qui approuvent tout ce qui leur plaît.
NERINB.
Fi ! c'est ce qui plaît qu'il faut desapprouver. .
LTGAICDRE, k Araminte.
Cette fiUe-là se forme, au moins.
ARAMINTJg.
Assurément ; mais mes nièces jp'ont point de g^ût. Croiriez-voas i>ien que ces îdiotes-là n'ont pascess^ de rire pendant toute la représentation du PhUor sophe?
ILYGANDRE.
Cela est épouvantable! Apparemment que Içp^*terre les a sifflées aussi-l)ien que la pièce ?
ARAlftlKTS*
Le parterre, Monsieur! Vous ne lui pardonnerez jamaôs ce qti'il vient de faire.
LrCANJDRE.
Ah, le traître î t|u'a*tHl donc fait?
▲IIAHI27ÏX.
D'abord , il a éoanté avec an i^ilence .protfand.
j56 L'ENVIEUl.
ltgandrï:« C'est qull s'ennuyoit.
▲RAHINTE.
Ensuite , tl a rompu ce silence par des applaudissements qui n'ont pas cessé pendant le premier acte.
LT.CANORE, en souriant^ .
Le second va nous venger.
ARAMINTE
Au contraire; il débute par une certaine Céliante qu'on avoit annoncée pour une capricieuse , et qui d'abord, par ses saillies , a mis le public de si bonne humeur, que les éclats de rire ont pensé m'assourdir.
LYCATfDRE.
Morbleu! peut-on rire de pareilles fadaises?
ARAMINTE
Le troisième acte n'a pas eu moins de succès. Il a fait rire comme les deux autres ; mais ce qui va vous Surprendre , Monsieur , c'est que le quatrième a commencé par une scène sérieuse entre le Philosophe et son père, et que cette scène a paru si touchante, que tout le monde s'est mis à pleurer.
LTCATfDRE.
Pleurer à une comédie ! Mais cela est fou.
ARAMINTE
Ensuite un bourru de financier, oncle du Philosophe, est venu réveiller les spectateurs par ses bourrades et ses brusqueries , et l'on s'est remis à rire sur nouveaux frais, mais, à rire si démesurément , que je n'ai pu m'empêcher de rire moirmême.