LYC ANDRE, BÉLISE
BALISE
En vérité, Monsieur, je vous trouve fort plaisant de n être pas venu à la Comédie !
LTGANDRE.
Je vous prie de tn'excuser; j*avois un mal de tit0 ef&oyable.
BÉLISE
Que ne me suiviez-vous, cela vous auroit guéri.
LYCANDRE.
Le bruit auroit augmenté mon mal.
BÉLISE
Est-ce qu'on sent du mal auprès de ce qu'on aime? Car, ou vous m'avez menti mille fois, ou vous m*aîmez éperdument. Vous m'avez priée de n'en rieo
î6ô L'ENVIEUX.
dire^maîs-^oici le moment de vous déclarer, et At mè convaiicre que vous ne m'avez pas trompée.
LTCATfDRE.
Ma bouche a toujours été l'interprète démon cœur.
BÉLISE
Il falloit donc venir à la Comédie. Apparemment que vous me regardez déjà comme votre femme , et que vous craignez de paroitre en public avec moi. Et quand vous serez mon mari , je veux que vous vous moquiez de la mode, et qu'on vous voie partout à ma suite , au Cours , aux Tuileries , au bal , aux comédies , à l'opéra.
LTCAWDRE.
A la foire même , si vous voulez.
BELISE,
Je veux que vous affrontiez les brocards des mau* vais plaisants , et que vous me disiez sans cesse :
a En face du public resserrons nos doux nœuds ,
a Et prouvons aux railleurs .que, malgré leurs outrages,
^.La solide vertu fait d'heureux mariages.»
LTGANDRE.
Pouvez-vous?...
BÉLISE
Pesez bien ces vers, et les retenez par cœur; ils sont....
LYCAIÎDRE.
Détestables.
BÉLISE
Fort bien. Monsieur! détestables, je m'en souviendrai.