‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 139 sur 350 · BAKIS · texte numérisé non relu

BAKIS

Moi , faire encor le fat! Oh ! si mon train dû vie Déplaît au genre humain, j*en ai Tâme ravie ^ Car le plus sûr moyen de devenir parfait ^ C'est de fuir ce qu^il aime, el d*aîmer oc qu'il hait.

LiAJfDRfe^

Au fond, vous dites vtai : niais si poUr êti'e sage Il fall(»l oontraeier une humeur si sauvage , La sagesse à mes yeUx n'auroit aiumn appas^ Pour mcH ^ je fuis le monde ^ et je ne le hais pàa.

XiisinoA.

Et vous &iles fort bien j car il voii$ trouve aimable ^ Et vous regrette fort

Ricto A est plus véritable^

Ce séjour est^cbarmant, j'e» conviens avec vous;

îgô LES PHILOSOPHES AMOUREUX.

Mais le monde , après tout, a des charmes plus doux. C'est le centre de l'âme. Oui , la cour et la ville D*un homme tel que vous doivent être l'asile, Et non une retraite , à l'âge de trente ans , Où vous vous ennuyez , et perdez votre temps.

XÉANDRE.

Vous vous trompez ; j'y goûte un calme plein^de joie. La plus prompte retraite est la plus sûre voie Pour se désabuser des préjugés trompeurs Qui corrompent notre âme , et causent nos erreurs.

LISIDOR.

Abus.

LÉANDRE

Ma solitude à tous moments abonde En plaisirs innocents que n'offre point le monde. Dans un repos parfait , exempt de passions , Ici tout est matière à mes réflexions.

De ce vaste univers j'observe la structure, Datls ses jeux infinis j'admite la nature. Un insecte, une fleur m'occupent tout un jour. Plus agréablement que ne feroit la cour. Ensuite ^ quand je veux m'étudier moi-même , Je sens que je suis né pour un bonheur suprême; Que )e coeur, pai* les sens, ne goûte aucuns plaisirs Qui puissent pleinement contenter ses désirs ; Qu'au contraire, jamais mon âme n'est heureuse, Que lorsque de mes sens elle est victorieuse , Et que, brisant leur joug qui tend à l'abaisser, Elte attaque l'erreur, ose la terrasser;

ACTE I, SCENE III. . 197 Et qu'elle monte enfin , dans sa rapide course, * Jusqu'à la vérité , qu'elle puise à sa source.

POLÉMOir, à Lisîdor.

Répondez maintenant.

LTSID'OR.

Ma foi 9 je n'y sois plus, Et mes raisonnements deviendraient superflusw

poliSmôn.

Ne vous l'aï-je pas dit?

LISIDOR.

Oui , je vous rends justice , Et je crains qu'à mon tour il ne me pervertisse»

poLimoir.

Je n'en jurerois pas.

LISIDOR, à Léandre.

Je ne puis vous ranger A mon opinion , et je veux m'en venger. Bon pied, bon œil, mon brave ! On va vous mettre en tête Deux rudes ennemis, qui se font une fête De vous livrer chez vous un si terrible assaut, Qu'ils sauront mettre enfin la sagesse en défaut*

LiASFDRE, en riam.

Vous ne m'effrayez point, et j'attends de pied ferme.

DAKIS.

La sagesse en son cœur a mis son plus beau germe.

XISIDOR.

Bon, bon !

DAMIS

Ni lui , ni moi , rien ne peut npus troubler*

l.I&rDOK.

Et moi , je yous r^oads qu'ils le kaéomt ttemUcr.

c'est attaquer un homme avço %voç d'av^Mo^ge » Que de vouloir d'avant étonner son courage. Mais enfia qw^T^^3 pjuHi désir curieux : Qui sont qm «i|«cmis terribles?

i^aipoA.

Deux beaux yeux.

liSandrc.

Deux beaux yeux?

BOLl£]irON.

Oui , mon fiU, ^t ^ reni|>Us de channes, Que moi, qui parle , moi. Je leur rendrois les armes.

Quoi ! ce n'est que cela ?

LISIDOR.

Que cela , dites-vous ?

Des plus sages souvent ils ont fait de grands fous. Et d'un visionnaire ils^ peuvent feire un S£^e«

DAMIS

Ici les plus beaux yeux perdront leur étalage.

LISIDOR.

Nous verrons.

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