‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 152 sur 350 · ACTE II, SCENE III. aiS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. aiS

ARAMINTE

Oui, tout m'y paroît riche et d'un goût enchanté.

CLARtCE.

( à Léandre. )

Il est assez joli. Monsieur, votre servante. Mon arrivée ici vous paroît surprenante; Mais mon jpère a voulu que je vinsse vous voir.

LJÊANDRE.

Je me tiens trop heureux de vous y recevoir.

CLARICE

De peur de m'ennuyer , j'amène compagnie.

ARTÉIÎICE, àAramjnte.

Ce début est poli !

ARAMI-NTE.

La petite étourdie !

LÉANDRE, à Claricc.

Votre précaution m'oblige infiniment.

CLABICE.

Ma tante , répondez à ce doux compliment.

ARAMINTE

Ma nièce , cet avis n'étoit pas nécessaire.

( à Léandre. )

Je m^'en vais vous tenir un discours bien sincère, J'avois de vous revoir un extrême désir; Mais il faut tous chercher pour avoir ce plaisir. Ainsi, vous permettrez que je sois indiscrète, Jusqu'au point de venir troubler votre retraite , Et que....

LÉANDRE

C'est lui prêter de nouveaux agréments , Madame ; et je vous dois mille remercîments.

2i6 LES PHILOSOPHES AMOUREUX.

ARAMINTE

Voici ma fille; il faut que je vous la présente.

CLÂRIGE9 à Léandre.

Faites-lui grand accueil , car c'est une savante.

Profitez gravement de ces ipoments heureux ;

Et pour l'amour du grec embrassez-vous tous deux.

ARTÉNICE, reculant.

Ma cousine me veut donner un ridicule , Mais il est mal fondé.

CLARICE

Gomme elle dissimule !

Pourquoi tant de façons ? Sachez qu'il n'est rien tel Que de se présenter dans tout son naturel.

ARTÉNICE, à Léandre.

Je VOUS jure , Monsieur, que je suis ignorante Autant que je le dois.

CLARICE

Elle est un peu pédante ; Mais elle a de l'esprit, je suis sa caution; Et vous pouvez compter sur ma décision.

ARAMIICTE.

Ma nièce, taisez-vous, ou changez de langage.

Ma tante , on doit parler quand on est à mon âge.

ARAMIIfTE.

Non , ma nièce ; à votre âge on ne doit qu'écouter.

CLARICE

A mon âge tout sied. Sans vouloir me vanter, Je sais ce qui convient. Je mettrai mon étude , Quand j'aurai cinquante ans, à bien jouer la prude.

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