‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 155 sur 350 · ACTE II, SCENE IV. aig · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. aig

LJÉANDHE.

La campagne offre aux yeux miracles sur miracles. Est-il dans l'univers de plus charmants spectacles ?

CLARICE

Oui, Monsieur.

L^AîTnRlî.

Quels sont-ils?

CLARICE

Quels sont-ils ? L'opéra, Le bal , la comédie, enfin ce qu'on voudra ; Tout amuse à Paris. Mais pour votre campagne , Tout ce que l'on y voit, le dégoût l'accompagne.

LÉANDRE

Pour moi , j'y trouve tout ; jeux , spectacles, plaisirs , Et sitôt que j'y suis , je n'ai plus de désirs,

CLARICE

Moi, je n'y trouve rien, car rien ne m'y contente.

LEAISDRE. . ,

Peut-être votre cœur la trouveroit riante

Près de l'heureux mx>rtel dont il seroit charmé.

Le cœur se plaît partout avec rphjet aimé.

CLARICE

La campagne pour moi n'en seroît pfis moins fade. L'amant le plus aimé m'y paroîtroit maussade. Il y rendroit mon cœur et mes yeiix assoupis.

lAaïtdre.

Mais un mari, peut-êti-e»...

CLARICE

Un mari ? cent fois pis.

aio LES PHILOSOPHES AMOUREUX.

L'aveu n'est point fardé.

GLARICE.

c'est la vérité pure.

LIBANDRE.

Oui , vous parlez du ton que parle la nature. Mais, puisque vous avez tant de sincérité, Contentez, s'il vous plaît, ma curiosité,

CLARICE

Soit. Quelle question avez-vous à me faire ?

L]ÉANDRE.

Voici le fait.

Voyons.

LÉANDRE

Entre nous , votre père Vous a-t-il dit pourquoi l'on vous amène ici ?

CLARICE, en riant. '

A propos , je l'avois oublié.

LIÊANDRE.

Grand merci.

La fleurette est touchante. Y pensez-vous. Madame?

CLARICE

Oui , je pense qu'on veut que je sois votre femme.

LiANDRE.

Et vous, que voulez- vous ? ,

CLARICE

Moi? toiut ce qu'on voudra.

Et je déciderai comme on décidera; Car y en fait de mari, je crois que l'un vaut l'autre.

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