‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 186 sur 350 · ACTE IV, SCENE TI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE TI

C'est ainsi que tantôt vous vous peigniez à moi , Et moi je vous ai cru sur votre bonne foi.

DAMIS

Je mentois hardiment : je n'ai qu'un fatix mérite, Et sous l'air d'un Caton je suis un hypocrite; Près de perdre te sens , je vantois ma raison ; Je faisois le vaillant, et n étoîs qu'un poltron, Qui, pour cacher sa peor, exaltok ses prouesses ; Je vais , en m'enfoyant, vous dire mes foiblesses. Je vous aime , Artënice.

ARTIÎNIGE.

Ah! que m'apprenez -vous?

DAMIS, s'éloignant toujours.

Ce n'est pas encor tout.

AKTÉKieS.

Quoi donc?

DAMiS.

Je suis jatoux.

Vous, jakmx ! Et de qui , dites^moi ?

DAMIS

De Léandre.

AATj£-EriGi:.

C'est à tort.

DAMIS, M rapprochant peu à peu.

C'est à tort ! Pourquoi vous en défendre? Vous l'aimez, il vous aime.

ARTBNIGE, eu riant.

Il m'aime ! Eh ! dites-moi, En cOnvîent-il enfin? Partez de bonne foi.

DAMIS

Volontiers. Jurez-moi de me parler de même.

ARTEiriCE.

Je ne vous cache point que , si Léandre m'aime , L'aveu qu'il m'en feroit pourroitbiea me flatter, Et que je me plairois à n'en pouvoir douter. ,

DAMIS

Oui, d'avance je vois que mon discours vous flatte, Et que Léandre en vous n'aime point une ingrate. Qu'un si cruel aveu doit me mortifier ! Mais je veux à genoux vous en remercier.

ARTÉNICE.

Quel sujet?...

DAMIS

Pour m'avoir fait lire dans votre âme , Et donné le moyen de vaincre enfin ma flamme. Un autre a votre cœur , vous m'en avertissez ; C'est en m'assassinant que vous me guérissez ! Heureuse cruauté qui me rend à moi-même ! Si vous m'aimiez, ingrate , avant que je vous aime^.. Adieu, Madame.

ARTÉNICE.

Non , demeurez.

DAMIS

Et pourquoi.

S'il vous plaît?

Pour apprendre à mieux juger de moi.

J'estime votre ami , pourquoi m'en cacherois-je? Et s'il pouvoit.m'aimer, peut-être l'aimerois-jc ;

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