L£AI«DR
Et si je deviens fou , ce n'est que pour vous plaire.
GLARICE.
Je dois la révérence à ce doux compliment. Pour un homme d'esprit, vous errez lourdement. Voulant voir à quel point alloit votre tendresse, ( Car c'est mon fort , à moi , que la délicatesse , )
J'ai paru devant vous folle jusqu'à l'excès , Et ma feinte a pour moi le plus heureux succès, Puisqu'àu lieu des dégoûts qu'elle devoit produire, Elle prouve à quel point j'ai pris sur vous d'empiré. Mais désabusez-vous, ne vous forcez sur rien, Votre goût désormais va décider du mien. Vous ne répondez point , et votre incertitude....
LJÉAIfDRE , après avoir un peu rêvé.
Comment! vous pourrez vivre en cette solitude? Tête à tête avec moi? m'immoler vos dégoûts. Et borner tous vos vœux au cœur d'un tendre époux?
CLARICE
Rierî ne m'est plus aisé. Bannissez le mystère , Et rentrez , croyez-nioi , dans votre caractère.
LE Air DRU.
Eh bien ! j'y vais rentrer, puisque vous le voulez. Le cœur me dit encor que vous dissimalez; Mais lé masque liie pèse , et m'est insupportable. Si vous pouvez aimer un mari raisonnable.... Le dirai-je? grand Dieu !... je vous oflre ma foi. Mais ce n'est qu'à ce prix qu'on dispose de moi. Espérer me changer, c'est une vaine attente.
CLARlCf!:, à part.
Fourbe, je te démasque, et me voilà contente: Tu voulois me tromper, et je te tromperai.
(à Léandre. )
Je ferai mon bonheur de vivre à votre gré. Ah ! plût au ciel !