SCÈNE IX
LYCANDRÉ, LISETTE.
LICANDR£.
Eir^iH je vous revois; cette rencontre heureuse Me comble de plaisir.
Moi, je suis bien honteuse Que vous me retrouviez dans Tétat où je suis.
LYCANDRE.
Que faites^vous ici ?
LlSETtE.
Je fais ce que je pui$ Pour me le cacher; mais....
LYCANDRE.
Quoi?
LISETTE
J*y suis en service.
LYCANDRE.
Itiste ciel ! Et c'est donc pour ce vil exercice Que, sans m'en avertir, vous sortez du couvent?
LISETTE
Autrefois pour me voir vous y veniez souvent; Mais depuis quelque temps vous m'avez négligée. De plus, ma mère est morte. Inquiète, afHigée, ^'entendant rien de vous, sans espoir, sans appui, Quelle ressource avois-je en ce cruel ennui ? IL aa
La fille de céans, à présent ma maîtresse,
Mon amie au couvent, sensible à ma tristesse,
Sur le point de sortir, m'offrit obligeamment
De me prendre auprès d'elle. Elle me fit serment
Que je serois plutôt compagne que suivante :
Jfe ne pus résister à son offre pressante.
Ce ne fut pas pourtant sans verser bien des pleurs;
Mais mon sort le voulut : et voilà mes malheurs.
LYCANDRE.
O fortune cruelle ! Et vous tint-on parole , Par de justes égards? .
LISETTE
Oui.
LTCANDRE.
Cela me console D'un si triste incident , que j'aurois prévenu , Si mes infirmités ne m'eussent retenu , Pendant près de six mois, dans la retraite obscure Où je mène moi-même une vie assez dure. Si bien que vous voilà plus heureuse aujourd'hui?
LISETTE
Autant qu'on le peut être au service d'autrui. Hélas!
LISEJPTE.
Vous soupirez? dans pia triste aventure Je ne sais quel espoir me 8a.ul;ient , me rassure. Mais je n'ai rien per^ àe, ma vivacité.
LTCAWBRE.
Votre espoir e$t fondé. Le moment souhaita