ACTE I, SCENE IX. 34i
LYGAITDRE.
D'un sort moins rigoureux , ô fille vraiment digne !
Ce que vous exigez est une preuve insigne
Et de votre prudence, et de votre vertu.
Il faut vous révéler ce que je vous ai tu.
Vous pouvez aspirer à la main de Valère,
Et même l'épouser de l'aveu de son père.
XISETTE.
Moi y Monsieur ?
LTCATTDRE.
Je dis plus; ils se tiendront heureux, Dès qu'ils vous connoîtront, de former ces beaux nœuds ; Et, respectant en vous une haute naissance, Us brigueront l'honneur d'une telle alliance.
LISETTE
Vous vous moquez de moi. Pourquoi, jusqu'à sa mort^ Ma mère a-t-elle eu soin de me cacher mon sort ? Mon père est-il vivant?
LTCAITDRE.
U respire, il vous aime, Et viendra de ce lieu vous retirer lui-même.
LISETTE
Et pourquoi si long-temps m'abandonner ainsi ?
LTCANDRE.
Vous saurez ses raisons. Mais demeurez ici Jusqu'à ce qu'il se montre ; et gardez le silence y C'est un point capital.
Moi 9 d'illustre naissance l
Ah! je ne vous crois point, si vous n'éclaircissez
Tout ce mystère à fond.
LYCANDRE.
JVon : j'en ai dit assez.
Pour savoir tout le reste , attendez vojtre père. Adieu. Mais, dites-moi, le comte de Tufîère Demeure-t-il céans?
LISETTE
Oui , depuis quelques, mois,
LTCAITDRE,
Il faut que je lui parle.
LISETTE
Ah! Monsieur, je prëvofe Qu'il vous recevra mal en ce triste équipage ; Car on me l'a dépeint d'un orgueil si sauvage....
LYCANDRE.
Je saurai l'abaisser.
Jl vous insultera.
LYCANDRE.
J'imagine un moyen qui le corrigera.
Jusqu'au revoir. Songez qu'une naissance illustre
Des sentiments du cœur reçoit son plus beau lustre:
Pour les faire éclater il est de sûrs moyens :
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D'un plus rare trésor enviant le partage,
Soyez riche en vertus : c'est là votre apanage.