‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 284 sur 350 · SCÈNE IL VALÈRE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL VALÈRE, LISETTE

LISETTE, d*un air dédaigneux.

Ah ! VOUS voilà, Monsieur? vraiment! j'en suis ravie.

VALÈRE

<Juoi ! vous voulez gronder ?

LISETTE

J'en aurois bien envie.

VALÈRE

Et sur quoi , s'il vous {^lait ?

LISETTE

Mais sur vos beaux exploits.

Mes moindres volontés, dites-vous, sont vos lois?

VALÈRE

Il est vrai.

LISETTE

Cependant, devant monsieur le Comte, Vous m'avez témoigne n'en faire pas grand compte. Et, contre mon avis, votre zèle emporté A su porter Philinte à toute extrémité.

VALÈRE

Tai dit à mon ami qu'on avoit eu l'audace

De risquer contre lui jusques à la menace.

Je n'ai rien dit de plus. C'est un homme de cœur,

Qui n a dû sur le reste écouter que l'honneur.

LISETTE

Que l'honneur! Ce discours me fatigue et m'irrite.

4o8 LE GLORIEUX.

VALÈRE

Mais par quelle raison ? Philinte a du mérite,

LISETTE

Si vous n'employez pas vos soins avec ardeur,

Pour faire que le Comte épouse votre sœur,

Et pour bannir d'ici cet ennuyeux Philinte,

Je vous déclare, moi, sans mystère et sans feinte,

Que demoiselle ou non, comme le ciel voudra,

Lisette, de ses jours, ne vous épousera.

J'ai conclu. C'est à vous maintenant de conclure,

VALÈRE

( voyant Lycandrc. )

Par quel motif?... Eh quoi! cette vieille figure yiendra-t-elle toujours troubler nos entretiens?

LISETTE

Il faut que je lui parle.

VALÈRE

Adieu donc.

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