‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 307 sur 350 · ACTE V, SCENE Y. Mi · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE Y. Mi

LISETTE, à Isabelle.

Paix donc.

ISABELLE, à Lisette.

Je ne saurois me taire.

Je ne puis me prêter à tant de vanité

. LISETTE, à Isabelle.

C'est le foible commun des gens de qualité. Leurs titres bien souvent font tout leur patrimoine.

M. JOSSE, ^ Li«moD.

(Il lit.)

A vous présentement, Monsieur. Messire Antoine Lisimon....

LE COMTE, d'un air surpris.

Antoine !

LISIMOir.

Oui.

LE COMTE

Quoi ! c'est là votre no;n?

Antoine ! est-il possible ?

Eh, parbleu! pourquoi non?

LE COMTE

Ce nom est bien bourgeois!

LISIMON.

Mais , pas plus que les autres.

Je crois que mon patron valoit bien tous les vôtres.

LE COMTE, d'un air dédaigneux.

Passons, Monsieur , passons. Vos titres. C'est le point Dont il s'agit ici.

LISIMOW.

Qui? moi? Je n'en ai point

LE COMTE

Comment donc! vous n'avez aucune seigneurie?

LISIMON.

Ah! je me souviens d'une. Écrivez, je vous prie.

(Il dicte.)

Antoine Lisimon , Écuyer.

Rien de plus?

LISIMOir.

Et seigneur suzerain.... d'un million d'écus.

LE COMTE

Vous vous moquez, je crois! L'argent est-il un titre?

LISIMON.

Plus brillant que les tiens. Et j'ai dans mon pupitre Des billets au porteur, dont je fais plus de cas Que de vieux parchemins , nourriture des rats.

M. JOSSE

Il a raison.

LE COMTE

Pour moi, je tiens que la noblesse....

M. JOSSE

Oh ! nous autres bourgeois, nous tenons pour l'espèce.

(à Lisimon. )

Cà, stipulons la dot.

LISIMON.

Le gendre que je prends M'engage à la porter à neuf cent mille francs.

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