ACTE V, SCENE YI
LISIMON.
C'est bien dit. Je vous fais compliment à tons deux. Je n'ai pas attendu ce que je viens d'apprendre Pour choisir votre fils en qualité de gendre, Parce qu'à l'orgueil près, il est joli garçon. Voici notre contrat, signez-le sans façon.
LYCAWDRE.
Quoique notre fortune ait bien changé de face , De vos bontés pour lui je dois vous rendre grâce; Et, pour m'en acquitter encor plus dignement, Je prétends avec vous m'allier doublement.
LISIHOJf.
Comment ?
LTCANDRE«
Pour votre fils , je vous offre ma fille.
VALERE, àLîaeUe.
Je suis perdu.
LISIMON.
L'honneur est grand pour ma famille.
Tres-agréablement vous me voyez surpris.
J'accepte le projet. Mais est-elle à Paris, Votre fille?
LTCANDRE.
Sans doute. Approchez-vous, Constance; Et recevez l'époux....
LISIMON.
Vous vous moquez, je pensé ?
C'est Lisette.
LYCANDRE.
Ce nom a causé votre erreur.
Venez, ma fille; Comte, embrassez votre sœur.
LISIMON.
Sa sœur femime de chambre !
LTGAI«^DR£, au Comte.
Une telle aventure Des jeux de la fortune est une preuve sûre. Grâce au ciel, votre sœur est digne de son sang. Sa vertu, plus que moi, la remet dans son rang.
VALÈRE
Quel heureux dénoûment ! Je vais mourir de joie.
ISABELLE, à Lisette.
Je prends part au bonheur que le ciel vous envoie.
LISETTE, au Comte.
En me reconnoissant, confirmez mon bonheur»
Je m'en fais un plaisir, je m'en fais un honneur.
LISIMON, àLycandre.
Et moi, de mon côté , je veux que ma famille Puisse donner un rang sortable à votre fille : Car avec de l'argent on acquiert de Téclat ; Et je suis en marché d'un très-beau marquisat, Dont je veux que mon fils décore sa future. Dès ce soir, monsieur Josse, il faudra le conclure. Allez voir le vendeur ; et que demain mon fils Ne se réveille point sans se trouver marquis.
( au Comte. )
Êtes- VOUS satisfait?
LE COMTE
Op ne peut davantage.