‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 39 sur 350 · ACTE m, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IL

Crier ! nous interrompre ! et voiis brusquer tout net ! Je ne puis y penser sans en mourir de honte.

Lfi MARQUIS.

Avez-vous conclu?

▲ EISTE.

Non ; nous sommes loin de compte.

Avec sa belle-fille il prétend me lier.

LE MARQUIS

Yous n'êtes pas si sot que de vous marier. Que4a philosophie est un grand avantage ! Personne , mieux que vous , n'en a su faire usage*

ARISTE, àpart.

Il me raille; auroit-il découvert mon secret?

(au Marquis. )

Il est vrai que souvent, d'un ton fort indiscret, Stir les pauvres ttiar is j'ai lancé la satire.

LE MARQUIS

Comment I en leur feveur voulez-vous vous dédire ?

ARISTE

Oui; leur état commence à me faire pitié.

LE MARQUIS

Ah ! mon pauvre garçon , seriez*vous marié ?

Il court de certains bruits.... Mais je ne puis les croire ;

Et j'ai querellé ceux qui forgeoient cette histoire.

ARISTE

Et vous avez bien fait ; je vous suis obligé.

Je ne saurois souffrir de vous voir outragé.

ARISTE

Outragé, dites-votts? Quelle est votre pensée?

Ma rëp/Utâtion seroit-elle blessée, Si je....

LE MARQUIS

Voire sagesse a fait un tel ëclat, Vous avez si souvent loué le célibat, Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d'esprit qui pour jamais se lie, / Vous avez en public si hautement fait vœu De vivre philosophe , et garçon , que , pour peu Qu'il vous soupçonne enfin d'avoir fait le contraire. Avec tout ce public vous aurez une affaire. Filles, femmes, maris, toutes sortes de gens, A la ville , à la cour, vont rire à vos dépens.

ARISTE

(à part.)

Ils auroient bien raison. Je suis mort, s'il découvre . Que je suis marié.

LE MARQUIS

Vous voyez que je m'ouvre Librement avec vous.

Oui , je le vois fort bien.

LE MARQUIS

Mélite est votre amie, et rien de plus?

ARISTE

Non , rien.

LE MARQUIS

Je l'ai toujours bien dit; et je soutiens encore Qu'on peut vous avouer qu'on l'aime , qu'on l'adore.;

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