ACTE III, SCENE VIII
DAMON
Mais consultez-vous bien. Vous gardez le silence ?
CÉLIANTE.
Vous n'avez plus le don de me persuader. N'avons-nous pas rompu ?
' DAMON
Pour nous raccommoder.
CÉLIAWTE.
Pour nous raccommoder ! je n'en ai point d'envie.
DAMOir.
Et moi', je crois qu'au fond vous en seriez ravie.
Malgré tous vos écarts, vous m'aimez constamment;
Et le ciel m'a formé pour être votre amant.
U falloit être moi , pour avoir le courage
De dompter votre cœur par un constant hommage;
Pour se donner le temps d'être persuadé
Qu'il n'a jamais de part à votre procédé ;
Qu'il est bon, généreux, sans fiel, sans artifice.
Et même très-fidèle , en dépit du caprice.
CIÉLIAWTE.
Je ne sais où j'en suis. Son air et ses discours....
( Damon lui baise la main. )
Ah ! traître , malgré moi, tu triomphes toujours. 1