‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 61 sur 350 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LISIMON, GÉRONTE, ARISTK

LISIMON, embrassant Arîste.

Ah, mon fils! quel plaisir je sens de vous revoir!

ARISTE

Vous m'avez prévenu ; j'allois vous recevoir,

GIÉRONTE, àLisimon. ^

Eh bien! que voulez- vous?

LISIMON.

Il m'est permis, je pense, De venir voir mon fils.

GÉRONTE

Eh ! Ton vous en dispense.

8o LE PHILOSOPHE MARIÉ.

(à Ariste.^

Il ne vient de si loin que pour vous pressurer.

ARISTE, àGéronte.

Sa visite, en tout temps, ne peut que m'honorer. Pouvez-vous à ce point mortifier un frère ? Vous me percez le cœur. Songez qu41 est mon père; Que, bien qu'il m'ait trouvé bon fils jusqu'aujourd'hui. Je ne pourrai jamais m'acquitter envers lui.

Je reconnois mon frère , et mon fils tout ensemble. Que le ciel vous bénisse ! et , puisqu'il nous rassemble, Mon fils, de ce bonheur je veux me réjouir, Sans que sa dureté m'empêche d'en jouir.

GÉRONTE, à Lîsimon.

Vos bénédictions seront son seul partage.

- ARISTE, àGéronte.

J'en fais bien plus de cas que de votre héritage;* Mon oncle , à son égard soyez plus circonspect , Ou bien vous me verrez vous manquer de respect.

GÉRONTE

Philosophe imbécille! un père, d'ordinaire, A sou fils , tout au moins , fr>urnit le nécessaire. Ici, tout au rebours : le fils, depuis dix ans....

LISÏMOIf.

Je suis plus glorieux de vivre à ses dépens , Que s'il vivoit aux miens. Oui, ma vive tendresse Se complaît à le voir l'appui de ma vieillesse; Sentiments inconnus à votre mauvais cœur.

GÉRONTE

Mais, qui vous a rendu si pauvre ?

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