‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 64 sur 350 · SCÈNE IL ARISTE, LISIMON · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ARISTE, LISIMON

LISIMON.

Je vous cherchois, mon fils.

ARISTE

Quel sujet vous amène?

i^isiMOir.

En nous quittant si tôt , vous m'avez mis en peine.

ARISTE

J^étois indisposé.

LISIMON.

Pendant tout le repas

J'ai bien vu qu'avec nous vous ne vous plaisiez pas.

Quelque important sujet vous gêne et vous applique.

Je vous trouve rêveur, sombre, mélancolique.

Vous que j'ai toujours vu d'une aimable gaîté ,

Qui faisoit rechercher votre société.

Nous n'avons pu tirer un mot de votre bouche;

Et votre oncle , qu'au fond rien n'afflige et ne touche,

Quoique souvent pour rien il se mette en courroux,

Lui-même me paroît fort en peine de vous.

Ouvrez-moi votre cœur. Qu'est-ce qui vous afflige?

ARISTE

Rien.

LISIMOW.

Vous me trompez.

ARISTE

Moi!

LISIMOW.

Vous me trompez, vous dis-je; Si vous êtes fâché de me voir de retour. Je suis prêt à partir avant la fin du jour.

ARISTE

Moi, fâché de vous voir! O ciel! quelle injustifce! Avoir un tel soupçon, c'est me mettre au supplice. Que j'expire à vos yeux, s'il est plaisir pour moi Plus grand que le plaisir que j'ai quand je vous voi.

LISIMOir.

Je vous crois. Cependant d'oîi vient cette tristesse? Quelque souci secret vous ronge et vous oppresse.

Gela se peut.

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