MEUBLÉE POUR LE RECEVOIR
Prince, venez ici passer des jours sereins; Ne dédaignez peint un asile
Que l'amitié para de ses modestes mains.
L'intrigue de la cour, le fracas de la ville ,
Font pour vous enchaîner des efforts superflus;
Des goûts plus innocens 4 un bonheur plus tranquille, Conviennent mieux à vos vertus.
Les fleurs et les moutons qu'on trouve en nos retraites, Valent vos dames, vos seigneurs :
Bien de ces messieurs sont des bétes , Peu de ces dames sont des fleurs.
VERS A MADAME DE
La sagesse est sublime; on le dit; mais, hélas î
Tous ses adorateurs souvent ne l'aiment guère ; Et sans vous je ne saurais pas Combien la sagesse peut plaire.
Il fallait qu'à mes yeux elle eût tous vos appas. Devant vous toujours en alarmes, L'Amour se cache et rend les armes.
Il eût vaincu par vous , par vous il est vaincu;
Jamais il n'aura tous les charmes
Que vous prêtez à la vertu.
On la voit dans vos yeux. Et qu'elle y paraît belle ! Lorsque vous nous parlez, c'est elle qu'on entend; Vous lui prêtez toujours une formé nouvelle; Tantôt c'est de l'esprit, tantôt du sentiment;
Enfin elle est si naturelle , Elle a si bien vos traits, que nous ignorons tous
Si c'est vous que l'on aime en elle ,
Ou bien elle qu'on aime en vous*
VERS DE MADAME DE M