QUI AYAIT REPROCHÉ A L* AUTEUR, AU MOU DE QUELQUES DAXES
DE h' AVOIR JAMAIS AIME.
Je le connais trop bien ce dangereux amour; Dès mes plus jeunes ans il reçut mon hommage; Il n'est le plus souvent que l'ouvrage d'un jour, Mais un jour ne peut pas détruire son ouvrage.
J'ai goûté ses douceurs et j'ai senti ses coups ; Je sais qu'il se nourrit de plaisirs et de larmes.
Vous ne connaissez que ses charmes;
Ah ! je le connais mieux que vous.
Las des mépris, des inconstances, Dont furent payés tous mes soins , Je cherchai d'autres jouissances, Moins pures, il est vrai, mais qui me coûtaient moins.
J'eus recours, je l'avoue, à ces beautés faciles Qui veulent de l'argent, et non pas des soupirs : Elles ont essuyé, courtisanes habiles, Les larmes de l'amour par la main des plaisirs.
A l'amant qui leur plaît ces belles , Pour n'en point violer, ne font pas de sermens : Que de femmes , hélas ! devraient faire comme elles ,
Pour ne point tromper leurs amans !
Voilà les vingt beautés que j'ai si bien trahies ,
Et qui me l'ont si bien rendu ;
Voilà les Iris , les Silvies, Au nom de qui, Ch*.., vous m'avez répondu. 1
Soyez leur chevalier j elles doivent vous rendre
Bien des faveurs pour ce bienfait; Mais elles trouveront que vous auriez mieux fait De les bien attaquer que à,e mal les défendre.
INSCRIPTION
d'un konumekt élevé en brandebourg a l'honneur
de m. de malesherbe.
Il reposait tranquille au milieu.de l'orage, Distrait de ses malheurs par ceux de son pays :
Tout-à-coup il se lève, et son pieux courage Ose encor présenter une égide à Louis.
Ce n'est plus pour son roi qu'il signale son zèle, Mais il connut le cœur de ce roi malheureux ; C'est l'homme qu'il défend , et de sujet fidèle Il devient ami généreux.