‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 5 sur 120 · ÉPITRE DU CHEVALIER DE BONNARD · texte numérisé non relu

ÉPITRE DU CHEVALIER DE BONNARD

A M. DE BOUFPLERS.

Tes voyages et tes bons mots , Tes jolis vers et tes chevaux Sont cités par toute la France; On sait par cœur ces riens charmans Que tu produits avec aisance ; Tes pastels frais et rassemblons Peuvent se passer d'indulgence.

Les beaux-esprits de notre temps,

Quoique ^* aimant avec outrance,. * ,.

Troqueraient vplonuers ; je pen^ç, Tous leurs drames et leurs romans .

Pour ton heureuse négligence . , Etlamoftiç.d^tça.tajlens, ,. . .

Mais, pardonne-moi ma franchise, Ni tes tableaux ni tes écrits N'équivalent, à mon avis, Le tour que tu fis à l'église.

Nos guerriers , la ville et la cour , Admirant ta métamorphose , Battirent des mains tour à tour :

La Gloire en sourit , et l'Amour Crut seul y perdre quelque chose.

On a tant célébré Grammont , Son esprit, sa gaité, ses grâces !

DE BOUFFLERS. Xj

Il revit en toi; tu remplaces

Le héros de Saint-Evremont.

Les ris le suivirent sans cesse ; - .

Et, dans son airière^akan,

Semèrent des fleurs à foison

Gomme aujourd'hui sur ta jeunesse.

En vain le Temps , de son poison ,

Voudrait amortir ta saillie ,

Tu donnerais à la raison

Tous les grelots de la Folie.

Jouis bien d'un destin si beau,

Brille dans nos camps , à Cythère :

Sûr de plaire , et toujours nouveau ,

Chante les plaisirs et Voltaire ;

Lis Végèce , Ovide et Follard ,

Et vois les lauriers du Parnasse ,

Unis aux palmes de la Thrace ,

Couvrir ton bonnet de hussard.

Garde ton goût pour les voyages,

Tous les pays en sont jaloux;

Et le plus aimable des fous

Sera partout chéri des sages.

Sois plus amoureux que jamais ;

Peins en courant toutes les belles ,

Et sois payé de tes portraits

Entre les bras de tes modèles.

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