‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 8 sur 120 · SUR VN CHAKMAJST JARDIN ANGLAIS QUELLE APPELAIT · texte numérisé non relu

SUR VN CHAKMAJST JARDIN ANGLAIS QUELLE APPELAIT

l'arcadie.

Séjour chéri d'Hélène , où son riant génie De la Divinité remplit si bien l'emploi, Où }e,marh?e sUfts fleurs se rangent sous sa loi, Où la nature à l'art par le goût est unie ;

Où, si j'en puis juger par moi, Tout mortel au dehors voit régner l'harmonie, Et la sent au dedans de soi.

Quand les beaux yeux d'Hélène échauffent cette terre,

La rose a plus d'éclat , l'oiseau de plus doux chants;

Tout rit, tout s'embellit, tout apprend d'elle à plaire;

Moi-même j'y retrouve à la fois deux printemps,

Celui de la nature et celui de mes ans.

Que le temps destructeur porte ailleurs ses ravages;

L'on ne craint rien ici de l'arrière- saison,

Et sur les pas d'Hélène on foule , en ces bocages ,

Les plantes qui jadis rajeunirent Éson,

Ainsi vous faites luire, ô nymphe d'Arcadie !

Un rayon de bonheur sur le soir de ma vie;

Chez vous , loin fies horreurs de ce siècle pervers ,

Mon ame rajeunie en doux pensers abonde.

Chez vous l'esprit se sent libre comme les airs ,

Chez vous le cœur se sent aussi pur que votre onde ;

Auprès de vous on croit , dans ces murs toujours verts,

Avoir enfin changé de monde, Et voir l'échantillon d'un meilleur univers.

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