SUR VN CHAKMAJST JARDIN ANGLAIS QUELLE APPELAIT
l'arcadie.
Séjour chéri d'Hélène , où son riant génie De la Divinité remplit si bien l'emploi, Où }e,marh?e sUfts fleurs se rangent sous sa loi, Où la nature à l'art par le goût est unie ;
Où, si j'en puis juger par moi, Tout mortel au dehors voit régner l'harmonie, Et la sent au dedans de soi.
Quand les beaux yeux d'Hélène échauffent cette terre,
La rose a plus d'éclat , l'oiseau de plus doux chants;
Tout rit, tout s'embellit, tout apprend d'elle à plaire;
Moi-même j'y retrouve à la fois deux printemps,
Celui de la nature et celui de mes ans.
Que le temps destructeur porte ailleurs ses ravages;
L'on ne craint rien ici de l'arrière- saison,
Et sur les pas d'Hélène on foule , en ces bocages ,
Les plantes qui jadis rajeunirent Éson,
Ainsi vous faites luire, ô nymphe d'Arcadie !
Un rayon de bonheur sur le soir de ma vie;
Chez vous , loin fies horreurs de ce siècle pervers ,
Mon ame rajeunie en doux pensers abonde.
Chez vous l'esprit se sent libre comme les airs ,
Chez vous le cœur se sent aussi pur que votre onde ;
Auprès de vous on croit , dans ces murs toujours verts,
Avoir enfin changé de monde, Et voir l'échantillon d'un meilleur univers.