‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 107 sur 478 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

L^hypocrisie des Guises met la prétendue conspiration punie à Amboise sur le compte du calvinisme, et fait paraître un édit portant abolition des crimes commis sous prétexte de religion. — Le chancelier Olivier meurt de douleur ; Catherine de Môdicis le remplace par Michel de l'Hôpital . — Le prince de Gondé, les Montmorencys, les Colignys, se retirent dans leurs terres.

L'hypocrisie des Guises ayant mis sur le compte du calvinisme la révolte des peuples opprimés, qu'écl)auffaient des grands offensés, ils imaginèrent de terminer l'affaire d'Amboise par un édit portant abolition de tous les crimes commis sous le prétexte de la religion (2) , pourvu que les coupables rentrassent dans le sein de l'Église.

(1) Anquetil, liv. I, p. 66. — Mémoires de Condé, t. I, p. 347. - DeThou, liv. XXV. - Davila, liv. IL

(2) Êditde 1660.

ÉBAUCHE HISTORIQUE

Le chancelier Olivier mourut de douleur à la suite de l'exécution d'Amboise. Il ne voulut pas voir le cardinal de Guise; il s'écria, en refusant sa visite : Maudit cardinal, tu te damnes, et nous fais tous aussi damner. Catherine le remplaça par Michel de l'Hôpital, voulant s'appuyer de ses sages conseils contre la puissance des Guises.

Depuis qu'ils se trouvaient bien affermis, ils dédaignaient de lui communiquer les affaires; elle avait cessé avssi d'avoir conSanœ en eux. A la naissance de leur pouvoir avaient commencé les variations qu'on a tant reprochées à cette reine, et auxquelles les historieas donnent des causes si différentes. Un jour, disent les historiens, favorable aux religîonnatres, eOe recevait leurs écrits et semblait approuver leur doctrine; le lendemain, elle leur était contraire. Certes, ces variations avaient des causes bien autres que les opinions religieuses! Elle était favorable aux Guises quand elle craignait Condé, Montmorency, Coligny; ou à ces derniers quand la puissance des Guises Thumiliait ou l'inquiétait. Elle agissait alors d'elle-même, comme le chancelier de l'Hôpital lui conseilla d'agir quand il eut sa confiance; et Ton peut croire qu'elle la lui donna parce qu'il pensait comme elle, et non qu'elle pensât comme lui quand elle lui eut donné sa confiance. Pendant tout le règne de François II, la reine fut vacillante comme le caractère du roi.

Montmorency, Condé et tous les grands du même sentiment quittèrent la cour. Montmorency alla bouder dans ses terres, et le prince de Condé se rendit à Nérac pour se plaindre au roi de Navarre des mauvais traitements qu'il avait éprouvés à Amboise.

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