CHAPITRE XL
(1) Anqoetil, »iv. I, p. ê3.
(2) D'Aubigoc, Cayet, Laplanche.
Mort de François II avant la signature de l'arrél de mort prononcé contre le prince de Gondé. — Charles IX, àgc de dix ans^ est roi. — Catherine régente, aidée des conseils de THôpital. > Le roi de Navarre lieutenant général du royaume. — ADn# de Montmorency rentré en grâce à la oour. — Les- Guises restent à la cour, mais leur position esl changée.
L'arrêt du prince de Gondé n'était pas encore signé par tous les juges, quand on apprit que le roi, languissant depuis un mois, était à Pextrémité. Gondé attendait son arrêt en homme de cœur, et même, si Pon en croit les écrits du temps, avec sa bonne humeiu* ordinaire. Il écrivait à sa femme des lettres pleines de consolation, lorsqu'on lui annonça la mort du roi.
A François II succède Chartes IX, roi dé dix ans. Catherine de Médicis, aidée des sages conseils de l'Hôpital, se saisit de la régence, de concert avec le roi de Navarre, qui est déclaré lieutenant général du royaume. Le prince de Gondé est délivré de sa prison, un délai est convenu avec lui pour sa justification. Le connétable Anne de Montmorency revient à la cour. Disgracié par François I" à la fin de son règne, vengé par Henri II qui le mit à la tête de ses affaires, maltraité sous François II, il est rappelé par Charles IX, tant il y a de raison et de justice dans la cour des rois despotiques. Le connétable s'employa à établir la bonne intelligence entre la régente et le lieutenant général du royaume.
Les Guises restèrent à la cour, mais leur position était changée et leur caractère ne Tétait pas. La régente s'était flattée de tout concilier, de tout balancer, en faisant jouer la crainte et Tespérance sur les partis opposés. Concilier était le vœu naturel d'une ftme qui n'était pas méchante , et balancer les intérêts était un moyen digne d'un esprit qui n'était pas ordinaire. Cette marche était aussi convenable à la position d'une régente, qui ne devait pas trancher entre des grands dont la majorité du roi pourrait faire cesser les querelles.