LES MÊMES, UN OFFICIER DU DAUPHIN
l'opficieb. — La reine et les princes vont arriver ici. Leur avantrgarde entre précipitamment dans la cow. On dit que , menacés par le peuple à l'hôtel Saint-Paul, ils ont assuré que le bruit de votre exil était faux, et ont annoncé qu'ils allaient vous inviter à vous montrer avec eux; qu'ils se rendaient pour cet effet au Louvre, où ils étaient bien sûrs de vous trouver. Le peuple criait : ISous voulons voir M. le Dauphin ! qu'on fasse revenir M. le Dauphin/ A bas les Armagnacs!
LA CASSINEL. — Mouscigneur, tout va bien; ils viennent chercher leur sûreté près de vous; ils sont à vous. Mais il ne faut pas se rendre à une première avance; suivons le plan arrêté. Laissons peser sur eux pendant quelques jours la colère publique. {À un officier.) Allez audevant de la reine , dites-lui que le prince est parti depuis une heure.
L^oFFiciEB. — Oui, madame.
LA CASSINEL , le rappelant. — Mon ami !
l'offigibb. — Madame.
LA CASSINEL, à part. — 11 faut intéresser cet homme au secret par quelques bonnes paroles. (Haut.) Mon ami, vous ne direz fMis où va le prince.
l'officieb. — Je Fignore.
LA CASSINEL. — Vous uc dircz pas la route qu'il a prise.
l'officieb. — Je ne la connais pas.
LA CASSINEL. — Vous ue direz pas de quel côté il a tourné en sortant d'ici.
l'officieb. — Monseigneur n'est pas encore sorti.
LA CASSINEL. — G'cst bien, très-bien. Cet homme a de Pintelligence et du zèle. Mon ami, on se souviendra de vous. [Au Dauphin.)
Passez vite dans Fappartement qui doit vous servir de retraite, et expédions Lasti. Après quoi je retourne promptement à Phôtel Saint- Paul pour éviter les soupçons, et savoir le parti que la cour prendra en y rentrant.