ACTE II, SCÈNE VII
Qael aimable billet!... D*uq moment d'entretien Auriez-Tous le loisir ?
M. HOC
Mademoisdle Albine Voas aurait confié...?
nNBTTB.
Votre lettre est divine.
On m'a tout confié.
M. HOC
Eb bien ! qu'en pense-t-on ?
FWSTTI.
On la trouve charmante, et d'un excellent ton. . Mademoiselle Albine en était enchantée.
M. HOC
Vooa en êtes bien sûre ?
pmÉTTB, avec embarras,
... Elle était transportée.
M. lOC.
C'est pour m'en informer que vous venez ici ?
FIKBTTS.
N^eo dovtaai pas, monsieur; j'ai bon cœur, Dieu merd ; Et je sais compatir à ce que souffre une ime Qu'un amour violent tourmente» agite» enflamme.
M. HOC, iéchewmU.
Biais on vous a donné cette commission ?
FlNBTTB.
On m'a donné? .. Monsieur, je vous jure que non.
M HOC
Eh si !... Monsieur Le Doux.
FUIBTTB.
Ni monsieur, ni madame...
M. HOC
Ah ! c'est mademoiselle ?
FIHKTTB.
Eh ! non plus, sur mon âme!
Mais quand ce serait elle ? et qu'en conclu riez-vous ?
M. HOC, avec humeur.
Moi ?.. rien. J'en conclurais... qu'elle veut un époux... Un époux au plus tôt... et qu'étant fort pressée, Elle s'est d'un aveu vite débarrassée.
FUTETTB.
Et qu'aurait de fâcheux ce doux empressement? Vous offenserait-il ?
M. HOC, froidement. .
Oh non, assurément !
FIHBTTB.
Pareil aveu, je crois, ne peut jamais déplaire.
M. HOC
MademoiseUe Albine est sans doute sincère ?
FIHBTTB.
C'est peu dire, monsieur ; son ingénuité Va plus vite et plus loin que la sincérité.
M. HOC , at7ec humeur.
En effet, elle en donne une preuve assez leste : Son aveu, fort hâtif, est même peu modeste. Sur un tel caractère il ne faut pas compter.
FlNBTTB.
Tout autre que monsieur l'aurait vue hésiter.
M. HOC
Une fille qu'un mot, qu'un premier mot déeide !
L'amour, pour être prompt, n'en est pas moins solide.
U. HOC
Ainsi, la sage Albine, au premier intrigant Qui se serait près d'elle annoncé comme amant, Aurait pu comme à moi déclarer sa tendresse! Ingénuité soit, mais sans délicatesse!
J'espérais, tout au plus, pour ce soir ou demain Dans les regards d' Albine entrevoir mon destin, Et plutôt pénétrer qu'obtenir sa réponse... Mais on la fera nette, et d'avance on l'annonce,
(A part.) Pour m'épargner l'attente!.. Ah! mes prudents amours Auraient pu supporter un délai de deux jours. ...Deux jours étaient bien peu. Qu'esta donc, ma pcUle? Pour une fille honnête, ah! vous allez bien vite! Quoi donc ! an premier mot vous vous précipitez ! Vous me sautez au col et vous me garrottez ! A peine s'offre-tH>n, vous craignez qu'on n'échappe. Et vous prenez les gens comme dans une trappe ! Arrêtez, un moment que nous voyions un peu La source d'où procède on aussi brusque aveu.
(A Finette.) Ce n'est que ce matin que j'ai de ma tendresse Par un billet secret instruit votre maltresse. Elle a pour s'expliquer un rare empressement. Et j*en ai, je l'avoue, un peu d'étonnement. Quoi ! sans y réfléchir, sans consulter personne, Au premier mot d'amour Albine s'abandonne ! A mes vœux, à mes feux d'abord elle consent Sans l'aveu de sa mère... Ah ! c'est fort peu décent.
FIMBTTB.
Monsieur, ce n'est qu'à moi qu'elle a fait confidence...
M. HOC
Mais c'est pour m'en parler, et c'est une imprudence. D'un raisonnable choix quels sont donc les garants. Si ce n'est la prudence et l'aveu des parents ? Je veux bien la louer d'être fort ingénue : Oui, mais je la voudrais aussi plus retenue... Moi, je fais un grand cas de l'aimable pudeur Qui retient un aveu prêt à sortir du cœur, Fût-il autorisé comme le premier gage D'un amour nécessaire aux nosuds du mariage : La'pudeur, qui pressent ce qu'elle en doit souffrir, Ne fait pas même alors cet aveu sans rougir. Elle voudrait cacher le feu qui la décide : Son aveu le plus tendre est un aveu timide... Je porte un peu trop loin, peut^tre, en cet instant Et ma délicatesse...
FIlflTTB.
Et votre esprit méchant M. HOC, rentrant en lui-mémey et voulant otténHer V^fet
de sa querelle.
Mais je parle devant une fille discrète Qui, dans le beau rapport auquel elle s'apprête. Saura bien distinguer ce qui peut être dit De ce qui ne peut l'être, et dont le bon e9prit
MONSIEUR HOC, OU LE MÉFIANT
Saura bien corriger ce qui dans mon langage Sent un peu l'amertume, ou n'est que yerbiage.
FINETTE, à part.
Hélas ! sans avouer mon indiscrétion.
Je n'oserais parler. Quelle punition !
(Elle sort,)