‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 3)Chapitre 348 sur 478 · M. AUGUSTE, M. HOC · texte numérisé non relu

M. AUGUSTE, M. HOC

m. HOC , prenant la main à son frère. Un sentiment nouveau vient d^entrer dans mon cœur ; La confiance enfin y verse le bonheur.

Mes yeux étaient séduits de la beauté d' Albine, Et mon âme fermée à sa bonté divine; Je reconnais enfin sa gr&ce, sa douceur. Sa tendresse naïve est ceUe d'upe sœur ; Ce n'est point une ardeur, au hasard allumée. Qui jette un peu de flamme efbeaucoup de fumée ; Qui s'annonce un beau soir et qui, vers le matin, Pâlit, tombe en langueur, se consume et s'éteint : C'est une affection qui, depuis notre enfance, A semblé se confondre avec son existence. Oui, je puis sans danger me livrer à l'amour ! J'éprouve sa douceur, et je sens qu'à son tour A l'amitié touchante il dispose mon àme.

{Il serre son frère dans ses hras.) Oui, j'aurai des amis, une amante, une femme ! Que je vais être heureux I que d'aimables plaisirs Vont occuper ma vie et charmer mes loisirs ! Qu'il est âk)ux de sentir la tendre conûanoe

(Avec chaleur,) Échauffer notre cœur, doubler notre existence. Nous créer des besoins dans l'âme d'un ami, T chercher des plaisirs, du bonheur, un abri ; Dans notre esprit charmé placer sa douce image; De nos biens, de nos maux lui foire le partage ; Enfin, dans sa raison nous donnant un appui. Du soin de nos vertus se reposer sur lui !

(il embrasse son frère.)

Page 1