DUB08QUET
Non, madame.
LA MABQUISB.
Du moins, quelque peu de peinture?
DUBOSQUET.
Point du tout.
LA MABQUISE.
Sans les arts, comment vivre aujourd'hui ! Vous devez, dans le jour, avoir beaucoup d'ennui.
DUBOSQOBT.
Madame, j'ai repris la maison de mon père. Je fabrique du point. C'est une grande affaire Qui m'occupe beaucoup. Cependant, le matin, Pour faire du nouveau, je travaille au dessin.
LA MARQUISE
Ah! vous faites du point! J'en suis, vraiment, ravie; Ainsi, de rien savoir n'ayant eu nulle envie. Vous n'avez rien appris?
DUBOSQUET.
Rien.
LA MARQUISE
Vous n'avez rien lu ?
DUBOSQUET.
LA MARQUISE
Mais, quoi P
DUBOjSQUBT.
Je n'ai rien retenu.
LA MARQUISE
Vous aurez parcouru quelque roman, peut-être ? Il en est un des miens, où, de vous reconnaître, Vous auriez eu, je crois, le plaisir.
DUBOSQUET.
Par malheur, D'un cabinet d'esprit le docte entrepreneur, Qui, pour vingt quatre sous qu'on payait par semaine, Nous prétait des journaux, des romans, par douzaine. Après deux ans de soins dans cet ingrat métier. Est mort de faim, de soif, de froid, banqueroutier.
LA MARQUISE
Quoi ! vous ne lisez rien, pas même mes ouvrages ! Est-ce ainsi que l'on aime? Entre tous les suffrages Que poursuit du talent l'orgueil ambitieux. Celui d'un ami tendre est le plus précieux.
Peu de chose.
Ah ! je vous aurais cru plus touché de ma gloire !
DUBOSQUET , perdant patience.
Que me font vos romans? Pensez à notre histoire. N'avez-vous pas ici des intérêts plus chers Que l'orgueil du talent et la gloire des vers? Les romans ne sont pas vos uniques merveilles, Et vous avez ici d'autres fruits de vos veilles. Vous ne cherchez, en moi, qu'un de vos froids lecteurs! Vous me voulez au rang de vos adorateurs. Et j'aurais dû, sans doute, amant surnuméraire, A vos nombreux époux m'empresser de complaire! Ne savez-vous donc pas...
LA MARQUISE, ovec insoletice.
Monsieur, je sais toujours Interrompre, à propos, d'impertinents discours. J'en ai trop entendu. Sachez que les querelles Ne font point prospérer la vente des dentelles. •
... Mais, je vois le marquis; il faut changer de ton.